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S U P P L E M E N T
| volume 7 numéro 2 |
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| Décembrer 1996 |
Table
des matières
FAVORISER
L'ÉTHIQUE DANS LA RECHERCHE:
PROMOUVOIR UN CHOIX INFORMÉ
Document de discussion
Conseil national de la
bioéthique
en recherche chez les sujets humains
(CNÉRH)
774, Promenade Echo
Ottawa, Canada
Téléphone : (613)
730-6225
Télécopieur : (613) 730-8251
Conseil national
d'éthique en recherche chez l'humain(CNÉRH) / National Council
on Ethics in Human Research (NCEHR)
Les opinions présentées
dans ce document sont aux fins de discussion seulement. Elles
ne sont pas nécessairement celles du CNÉRH.
Copyright
© CNBRH 1996. Le CNÉRH autorise les CER à photocopier ce document
en toute liberté.
Table des
matières
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Le présent rapport résulte de plusieurs années
de travail de la part du Groupe d'experts sur le consentement
(maintenant appelé « Comité de travail sur le consentement
») mis sur pied par le Conseil national d'éthique en recherche
chez l'humain(CNÉRH). Il n'établit pas de lignes directrices
: en effet, il appartient au Conseil de recherches médicales
du Canada, au Conseil de recherches en sciences humaines du
Canada et au Conseil de recherches en sciences naturelles
et en génie du Canada de le faire. Les questions abordées
ici concernent l'éthique de la recherche biomédicale et de
la recherche intéressant la santé. Nous ne nous penchons pas
sur celles qui se rapportent à la santé publique, à l'épidémiologie,
à la sociologie médicale ni à l'anthropologie médicale.
Le Comité a eu naturellement l'idée de rédiger un recueil
aussi bref. Depuis la fin des années 1980, nous avons été appelés à répondre à des
questions, qui émanaient surtout des Comités d'éthique pour la recherche (CER) et qui
concernaient les problèmes moraux inhérents aux relations avec les participants
éventuels à des recherches en matière de santé. Nous avons peu à peu constaté qu'il
aurait suffi de consulter un ouvrage général pour répondre à bon nombre des questions.
Le présent document est censé servir d'ouvrage de base initial. Il a pour objet d'aider
les chercheurs médicaux à préparer leurs projets de recherche, et les CER à remplir
leur rôle, à savoir examiner, approuver ou rejeter, et contrôler ces projets. Pour ceux
qui voudraient en savoir plus que ce qui est exposé dans le présent document, nous
incluons une liste choisie d'ouvrages utiles. Le Comité de travail sur le consentement
compte aborder d'autres aspects du choix informé dans d'autres traités à venir.
De nombreuses personnes associées au CNÉRH ont participé
à la préparation du présent document. La Commission du consentement, qui en a eu
l'idée et qui a rédigé le texte initial, était présidée par Janice Dickin McGinnis
et comprenait Françoise Baylis, Douglas Biggar, Kathleen Glass et Douglas Kinsella. Se
sont jointes à eux, en 1994, Janet Storch, qui a pris la relève à la présidence, et
Betty Flagler, qui a remplacé Douglas Kinsella. Une fois la première ébauche achevée,
la Commission a donné aux membres du Conseil l'occasion de la commenter, et bon nombre
d'entre eux l'ont fait. Janet Storch et l'ancien Directeur du CNÉRH, Derek Jones, ont
intégré leurs observations et celles de trois collègues évaluateurs de l'extérieur
pour produire le texte final. Kathleen Glass a préparé le document en vue de la
publication. La parution des textes définitifs en anglais et en français n'aurait pu se
faire sans l'intervention indispensable du personnel du CNÉRH et, en particulier, de
Louise Dugas. Les membres du Conseil remercient toutes ces personnes de leur contribution.
Table des
matières |
| Tout au long de leur étude des questions
exposées ci-après, les membres du Comité de travail sur le
consentement ont choisi comme valeur fondamentale le respect
de l'humain; ils voulaient par là reconnaître le droit de
la personne à prendre ses propres décisions, dans la mesure
où elle est capable de le faire, et l'obligation de protéger
les intérêts des personnes incapables d'y voir elles-mêmes.
Par conséquent, les principes de l'autonomie, de la bienfaisance
et de la non-malfaisance sont déterminants dans l'analyse
qui suit.
La rédaction du document a par ailleurs nécessité un choix
méticuleux de termes et leur emploi judicieux. Autant que possible, nous nous sommes
limités aux mots « choix » et « décision » (choice et decision, en
anglais); le terme « consentement » (consent) n'est utilisé que dans les cas où
l'on peut conclure que le choix de participer a été fait. Les personnes à qui l'on
demande de participer à un projet de recherche sont priées de faire un choix, et non pas
de donner leur consentement. Il ne faut pas placer le consentement au-dessus du refus car,
dans les deux cas, la personne a opéré un choix valide. Nous avons aussi préféré les
expressions « participant à la recherche » et « décideur remplaçant » aux termes «
sujet » et « mandataire », respectivement. En outre, nous employons l'expression «
participant éventuel » dans les situations où la personne, ou le décideur remplaçant,
n'a pas encore décidé de participer à la recherche. Enfin, nous avons écarté le mot
« patient », sauf dans des circonstances exceptionnelles. En effet, bien des patients
sont des participants à la recherche, mais de nombreux participants ne sont pas des
patients.
Nous abordons ci-après des facteurs que les chercheurs et
les CER doivent prendre en compte relativement au consentement et au refus du participant.
Bien que la recherche revête une grande importance pour la collectivité humaine, la
décision d'y participer appartient exclusivement à la personne ou, si elle n'a pas la
capacité de décision, à un décideur remplaçant. Nous avons donc concentré notre
attention sur les moyens à prendre pour garantir que le processus et la langue utilisée
permettent à la personne de prendre volontairement une décision judicieuse et
éclairée. Les parties du document portent sur : 1) les éléments clefs du choix
informé; 2) la capacité de décision; 3) la divulgation; et 4) le caractère volontaire.
Outre l'analyse de ces volets déterminants, nous fournissons des textes modèles, à
titre d'exemples, et une liste de contrôle. Nous invitons les chercheurs et les CER à
s'en servir ou à les modifier en fonction de leurs besoins.
Table des
matières
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| Le consentement, impératif moral :
les éléments clefs d'un choix informé
Par « choix moralement valide » fait dans le contexte
de la participation à la recherche, on entend un choix opéré
: 1) par une personne capable de décision, 2) possédant des
informations suffisantes sur la nature et les conséquences
prévisibles de la recherche (telles qu'elles sont connues
au moment où l'on sollicite la personne) et sur toutes les
solutions de rechange possibles; et 3) sans que s'exercent
sur elle des influences telles que la force, la fraude, la
tromperie, la contrainte, ou d'autres formes déguisées de
contrainte ou de coercition (Code de Nuremberg).
Un choix moralement valide résulte d'un dialogue permanent;
il suppose bien plus que la signature d'un formulaire par le participant éventuel à la
recherche ou par le décideur remplaçant. C'est l'aboutissement d'un processus de
sensibilisation faisant intervenir un membre responsable de l'équipe de recherche (ou une
personne embauchée à contrat) et le participant éventuel et/ou d'autres personnes
telles que des membres de sa famille. Ce choix exige une action concrète du participant
éventuel ou du décideur remplaçant; un acquiescement tacite ne suffit pas. De plus, si
le participant éventuel ou le décideur remplaçant choisit de donner son consentement,
une confirmation de la permanence de ce dernier s'imposera peut-être, selon les besoins,
vu que le processus évolue constamment. Et dans les cas où le participant éventuel est
jugé incapable de décision, le choix moralement valide comprend aussi l'obtention de son
assentiment.
Cependant, malgré toute l'importance accordée au
consentement, la validité morale du refus est tout aussi grande : ainsi, la personne est
tout aussi justifiée de refuser la participation à la recherche, ou de se retirer d'un
projet, que d'accepter de participer ou de continuer à le faire.
Les éléments clefs nécessaires pour garantir la validité
morale d'un choix sont donc les suivants :
Table des
matières
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| D'habitude, toute personne invitée à participer
à une recherche est capable de décision. Cela signifie qu'elle peut
faire un choix moralement (et juridiquement) valide en ce sens. Dans
toute évaluation de la capacité du participant éventuel d'opérer un
choix valide, il importe de prendre en compte les valeurs et objectifs
personnels de l'intéressé. Si celui-ci est jugé capable de faire un
choix, il convient de lui divulguer toutes les informations dont il
a besoin pour décider, en toute connaissance de cause, s'il participera
ou non au projet de recherche en question. Dans les cas où le participant
éventuel est jugé incapable de faire un choix valide (par ex., parce
qu'il n'a pas l'âge de raison, qu'il souffre d'une maladie mentale
ou de démence, ou qu'il est inconscient), il faut trouver un décideur
remplaçant capable de décision (les parents jouent souvent ce rôle
pour leurs enfants, mais pas toujours).
Il incombe au décideur remplaçant de protéger les
intérêts du participant éventuel, lorsqu'il s'agit de décider si celui-ci prendra part
ou non à un projet de recherche. Si une personne, incapable d'exprimer ses voeux à cet
égard, les a fait connaître antérieurement (soit directement, soit par son
comportement), le décideur remplaçant doit agir dans l'intérêt de la personne et
prendre une décision correspondant aux souhaits qu'elle a formulés (peu importe ce que
le décideur voudrait personnellement faire).
Dans le cas d'une personne qui est maintenant incapable de
faire connaître ses voeux et qui ne l'a jamais été, la norme fondant la décision sur
sa participation à des interventions de spécialistes du domaine de la santé est qu'il
faut agir dans « son meilleur intérêt » (ce qui signifie, d'habitude, qu'il importe de
protéger sa vie ainsi que son intégrité physique et psychologique). Cependant, en ce
qui concerne la participation d'une personne qui n'a jamais eu la capacité de décision,
il y a lieu de se demander si la norme susmentionnée s'applique, au sens étroit donné
ci-haut. Conformément à la déclaration qu'il fait dans Réflexions sur la recherche
auprès des enfants (1993), le CNÉRH a fait valoir que, dans le contexte de la
recherche, le décideur remplaçant peut autoriser la participation de la personne à
condition qu'existe un rapport favorable entre les préjudices et les bienfaits possibles.
Dans des cas particuliers, on n'autoriserait rien de plus que des préjudices minimes ou
négligeables à la personne (préjudices ainsi évalués quant à leur ampleur et à leur
probabilité). Quels que soient ces préjudices possibles, ils doivent être compensés
par des bienfaits probables pour le groupe dont la personne fait partie, sinon directement
pour elle-même.
Règle générale, il vaut mieux ne pas solliciter la
participation de personnes incapables de décision, si celle de personnes capables de
décision suffit.
Dans les pages qui suivent et aux fins du présent document,
chaque fois que l'expression « participant éventuel (à la recherche) » est employée
relativement au choix, elle désigne en même temps le « décideur remplaçant », à
moins d'indications contraires.
Table des
matières
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| Pour qu'un choix soit valide, il doit être fondé
sur toutes les informations pertinentes concernant la recherche envisagée.
Pour décider de ce qui est pertinent, il faut peser le pour et le
contre de diverses solutions. D'un côté, le chercheur doit fournir
les renseignements sur le but et la nature de la recherche, sur les
préjudices et les bienfaits possibles, et sur le processus de la participation
au projet. D'un autre côté, il ne faut pas dérouter le participant
éventuel en lui donnant trop de détails. De plus, ce dernier doit
recevoir des informations précises sur la confidentialité, sur le
remboursement de ses frais et sur son droit de ne pas participer au
projet et de se retirer. Il convient d'encourager le participant éventuel
à poser des questions précises et d'y répondre. Les chercheurs trouveront,
dans la liste de contrôle faisant partie intégrante du présent document
(voir les pages 23-24), des conseils sur ce qui peut être considéré
comme pertinent et non pertinent dans ce contexte.
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| Il est impératif que le participant éventuel fasse
son choix librement ou, en d'autres mots, qu'il ne se soit assujetti
à aucune forme de pression indue. Cette règle vise non seulement le
recours évident à la persuasion et à la force, mais aussi les pressions
et la coercition se manifestant à l'état endémique sous des formes
subtiles. À titre d'exemples, citons le cas des populations captives
(par ex., les personnes mises en établissement), ou encore celui des
patients et de leurs amis et famille dans certains contextes hospitaliers
(par ex., les unités néonatales de soins intensifs, ou les salles
d'urgence) qui risquent de subir de telles contraintes. Les chercheurs
doivent bien prendre conscience du fait qu'en pareilles circonstances,
la coercition et les pressions risquent de se manifester indirectement.
Il incombe en outre à tout chercheur qui est aussi le
médecin du participant éventuel de s'assurer que, si ce dernier donne son consentement,
il ne le fait pas par loyauté envers lui. Il y a un autre cas spécial, et c'est celui
où les limites inhérentes au plan de recherche ne permettent pas facilement au
participant de se retirer du projet (par ex., quand le patient est anesthésié; quand le
participant souffre d'une démence de plus en plus grave; quand on risquerait d'accroître
les risques de décès en mettant fin au traitement expérimental prodigué au
participant; ou quand un transfert génique de la lignée somatique est en cours).
Dans les situations où une autorité supérieure pourrait
exercer des pouvoirs sur des subalternes (par ex., un professeur sur ses élèves, ou un
employeur sur ses employés), il faut aussi bien veiller à ce qu'une influence excessive
ne s'exerce pas.
Les CER doivent systématiquement, dans le cadre de leur
examen des projets, essayer de repérer les situations telles que celles décrites
ci-haut, de manière à réduire au minimum la possibilité que l'on exerce des pressions
subtiles sur la personne pour l'inciter à participer à un projet.
Table des
matières
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| D. |
Responsabilités
de l'équipe de recherche |
| Quand l'équipe de recherche demande au participant
éventuel de faire un choix éclairé, elle joue un rôle complexe, car
il lui faut garantir la présence des trois éléments clefs fondant
la validité morale du choix : elle doit évaluer la capacité de décision
du participant éventuel; lui divulguer toutes les informations pertinentes;
et veiller à ce qu'il n'y ait ni coercition, ni incitation impropre.
À qui revient-il d'exécuter ces tâches ? Tous comptes
faits, il incombe au chercheur principal de s'assurer que les participants éventuels ont
la chance d'opérer un choix moralement valide. Il ne s'ensuit pas, cependant, que le
chercheur principal doit se charger personnellement de toutes ces tâches ou de certaines
d'entre elles. Il peut les confier aux personnes les plus aptes à les remplir. Par
exemple, quand il est difficile d'évaluer la capacité de décision, le chef de l'équipe
peut faire appel à un membre de celle-ci (ou à une personne embauchée à contrat) qui
est compétent en la matière. Cependant, la responsabilité morale de l'ensemble des
résultats des actes délégués incombe toujours au chercheur principal.
En ce qui concerne la divulgation, quand la recherche est
relativement simple et inoffensive, le chercheur principal peut en déléguer la
responsabilité à un membre de l'équipe. Cependant, s'il s'agit d'un projet
particulièrement complexe, il doit bien veiller à ce qu'un membre très compétent de
l'équipe (et, si cela s'impose, lui-même) se charge de cette tâche.
D'autres complications existent quand le chercheur principal
est aussi le médecin, le professionel de la santé ou le thérapeute traitant; en effet,
il y a alors lieu de craindre l'exercice de pressions subtiles sur le participant
éventuel. Ce qui importe par-dessus tout, cependant, c'est que ce dernier soit bien
informé. Quand la personne la plus indiquée pour expliquer la recherche envisagée au
participant éventuel joue le double rôle de chercheur principal et de médecin ou
thérapeute traitant, il convient qu'un collègue prenne part au processus par lequel le
participant opérera un choix informé.
Autre point distinct digne de mention : quand le projet de
recherche est très complexe, ou qu'il dure longtemps, on aura sans doute avantage à
envisager le processus du choix informé comme étant continu, auquel cas le chercheur
demandera périodiquement au participant de réitérer son choix fait en faveur de sa
prestation. Il conviendra de confier cette tâche à un membre de l'équipe. Dans les
situations particulièrement complexes, ou dans les cas où le participant risque de
devenir incapable de décision, il sera sans doute utile de désigner un représentant, un
défenseur ou un protecteur qui se chargera de réitérer le choix.
À la lumière de ce qui précède, on voit que plusieurs
personnes peuvent intervenir pour solliciter un choix informé auprès du participant
éventuel. Quand au moins une de ces personnes parties au processus risque de se trouver
en situation de conflit d'intérêts (par ex., en ayant des intérêts commerciaux dans
une société qui parraine l'expérience), il faut le divulguer au participant éventuel
et en discuter avec lui.
Pour faire suite à cette analyse sommaire du choix informé
en tant qu'impératif moral, nous abordons plus en détail ci-après les éléments clefs
garantissant la validité de ce choix, à savoir la capacité de décision, la divulgation
et le caractère volontaire.
Table des
matières
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Capacité de décision et
choix informé
Comme seule une personne capable de décision peut
faire un choix moralement (et juridiquement) valide, il importe
de s'assurer que toute personne à qui l'on demande de participer
à un projet de recherche est capable d'opérer un tel choix.
Une question clef se pose donc : qu'entend-on exactement par
« capacité de décision » ?
En droit, les expressions « aptitude mentale » et «
capacité intellectuelle » sont souvent employées l'une pour l'autre et elles traduisent
l'idée que des personnes désignées peuvent exercer certains droits; la capacité est
souvent définie en fonction de caractéristiques de l'état de la personne, telles que
l'âge ou la situation de famille, et elle correspond aussi à l'aptitude mentale à
comprendre, expression à laquelle on en substitue souvent une autre, à savoir capacité
intellectuelle ou mentale. Il existe bien des définitions de ces termes, et cela peut
porter à confusion. Cependant, la capacité de la personne équivaut essentiellement à
son « aptitude » à agir ou à se comporter de telle ou telle façon dans des situations
données. Dans le contexte de la recherche, c'est l'aptitude mentale de la personne à
comprendre la nature et les conséquences de ses actes, de manière qu'elle « puisse »
faire des choix informés sur l'à-propos de participer aux projets de recherche ou non.
Comme la question primordiale est de savoir si la personne
est apte à « fonctionner » dans une situation donnée, cette aptitude est déterminée
en fait par la situation même et par la compréhension que la personne en a. Par
conséquent, quiconque est incapable de décision dans un domaine ne l'est pas
nécessairement dans un autre. Ainsi, un participant éventuel à un projet de recherche
peut ne pas être apte à conclure un contrat ou à rédiger un testament, sans
nécessairement être incapable de faire d'autres choix.
Table des
matières
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| A. Capacité
de décision présumée |
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Les adultes sont présumés capables de décider,
à moins que des preuves à l'effet contraire soient produites
et qu'une autorité compétente les accepte. Dire d'une personne
qu'elle est capable ou incapable de décision, ce n'est pas
rendre un « diagnostic » au sens médical ou psychiatrique
du terme. Par exemple, si l'on diagnostique chez une personne
une infirmité motrice cérébrale, une maladie mentale ou la
démence, les professionnels de la santé ne doivent pas automatiquement
dire que c'est là une preuve qu'elle est incapable de décision
au sens strict. Bon nombre de personnes au sujet de qui l'on
a posé un tel diagnostic sont capables de faire un choix informé
sur leur participation à la recherche. La prudence s'impose
donc, quand il faut rendre des décisions à cet égard.
Cependant, si la personne n'a pas la capacité cognitive
suffisante pour exécuter quelque tâche que ce soit (ou presque) nécessitant la
compréhension, il faut présumer qu'elle est incapable d'opérer des choix valides, peu
importe le projet de recherche envisagé. Parmi les exemples extrêmes de cas
d'incapacité générale de décision, on peut citer celui d'une personne inconsciente, ou
encore ne se rendant pas du tout compte du lieu où elle est. Les personnes qui en sont
aux stades avancés de la maladie d'Alzheimer tombent dans cette catégorie, vu la nature
de leur état.
On établit souvent dans des circonstances moins extrêmes
qu'une personne est totalement incapable de décision. Par exemple, on pourrait dire
qu'une personne dont le « fonctionnement » général est gêné par un état permanent,
tel qu'une débilité mentale grave, ou temporaire, tel que l'intoxication par l'alcool ou
des drogues (prescrites ou non), est incapable de décision. Les personnes qui subissent
un traumatisme mental grave par suite d'un accident cardio-vasculaire (ACV) et qui peuvent
plus tard retrouver une partie ou la totalité de leurs capacités perdues entrent aussi
dans cette catégorie de participants éventuels. D'autres états (par ex., certains
symptômes ou troubles psychiatriques graves) risquent aussi de gêner fondamentalement le
fonctionnement général de la personne, qui serait dès lors incapable de faire des choix
informés dans presque toutes les situations, y compris celle où il lui faudrait décider
de participer ou non à un projet de recherche.
Table des
matières
|
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L'âge chronologique peut constituer un facteur
pertinent pour établir si une personne peut faire un choix
légalement valide; par exemple, certaines provinces ont fixé,
dans une loi, l'âge minimum qu'il faut avoir pour pouvoir
consentir soi-même à un traitement médical. Cependant, cet
âge minimum peut ne pas correspondre à l'âge chronologique
nécessaire pour pouvoir consentir à participer à un projet
de recherche. D'autres provinces assujetties à la common
law autorisent toute personne ayant la capacité mentale
de comprendre la nature et les conséquences de ses actes à
faire ses propres choix, quel que soit son âge.
Mise à part l'obligation de respecter la loi, l'âge
chronologique à lui seul ne doit pas déterminer si une personne peut participer à un
projet de recherche ou non, mais il est important quand il s'agit de savoir si un
décideur remplaçant peut agir au nom d'une personne incapable de décision. Seule une
personne capable de décision et ayant atteint l'âge de la majorité peut ce faire.
Quand un enfant n'est pas capable d'opérer un choix
légalement valide au sujet de sa participation à une recherche, ce sont habituellement
ses parents qui lui servent de représentants légaux et qui se chargent d'autoriser la
recherche en son nom.
Table des
matières
|
| C. Incapacité
juridique de décider |
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L'incapacité juridique existe quand un tribunal
émet une ordonnance déclarant un adulte incapable de décision,
conformément aux lois provinciales pertinentes. À ce moment-là,
un représentant légal de la personne concernée est nommé;
il peut s'agir d'un particulier, ou encore d'un fonctionnaire
tel que le Curateur public, un gardien ou un curateur. Les
chercheurs doivent connaître les exigences de leur propre
province relativement au pouvoir des représentants légaux
d'autoriser la participation de personnes incapables de décision
à des projets de recherche.
Il incombe à tous les représentants légaux de veiller au
bien-être des personnes dont ils sont mandataires. Les recherches qui ont de toute
évidence pour objet de profiter aux participants ne suscitent aucune controverse.
Cependant, le degré d'inconfort ou l'ampleur des risques que les représentants légaux
peuvent autoriser sans qu'il y ait des bienfaits compensatoires continuent de donner lieu
à des débats dans les provinces ou territoires n'ayant aucune loi pour clarifier la
question.
Table des
matières
|
| D.
|
Évaluer
la capacité de décision aux fins de la participation à la recherche |
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Les causes de l'incapacité mentale sont variées.
Il existe des différences quant :
- au début de l'état débilitant;
- à la durée de celui-ci; et
- à l'effet qu'il a sur la capacité de la personne de faire un
choix informé ou de continuer à faire un tel choix tout au long du projet.
Certains états durent toute la vie, tandis que d'autres
commencent tard dans l'existence. Certains sont temporaires, d'autres permanents, avec un
début soudain ou graduel. Seule une évaluation au cas par cas peut permettre d'établir
si un participant éventuel, dont la capacité de décision est douteuse, est à même de
choisir lui-même, en toute connaissance de cause, s'il participera ou non à un projet de
recherche. Par conséquent, quand on doute de la capacité de décision du participant
éventuel, il est impératif de lui faire subir une évaluation individuelle.
Il n'y a ni norme, ni méthode, ni formule unique pour
évaluer la capacité de décision, mais les chercheurs doivent bien comprendre que
celle-ci est évaluée relativement au protocole envisagé. Par conséquent, les examens
de l'état mental ou neuropsychologique ne suffiront pas à eux seuls, sauf qu'ils
permettront sans doute d'établir si une évaluation plus poussée s'impose.
Pour être jugé capable de faire un choix valide, le
participant éventuel doit pouvoir comprendre :
- la nature et l'objet de la recherche envisagée;
- pourquoi on lui demande, à lui et non à d'autres, de
participer au projet;
- que le projet en question est mené à des fins de recherche;
- les éléments d'incertitude pertinents que le protocole
comporte;
- ce que prendre part au protocole envisagé signifie pour lui;
- que sa participation risque de ne rien lui apporter à lui
directement;
- comment les conséquences de la décision de participer ou non
influeront sur sa vie dans le présent et dans l'avenir;
- qu'il sera libre de se retirer du projet à n'importe quel
stade de ce dernier;
- que la qualité des soins qu'il reçoit ne diminuera pas,
qu'il décide de participer au projet ou non;
- tout conflit d'intérêts dans lequel pourrait se trouver la
personne lui présentant le projet;
- les responsabilités assumées par le chercheur.
Afin de bien saisir ce que sa participation à un projet de
recherche comporte, la personne doit pouvoir comprendre non seulement les risques
physiques (malaises, ou dangers pour sa vie ou sa santé, etc.), mais aussi d'autres
conséquences telles que la modification de son programme de vie régulier, la nécessité
d'être hospitalisée, ou diverses contraintes (dans le domaine du régime alimentaire,
par exemple).
Si les facultés mentales du participant éventuel risquent
de se détériorer, sa capacité de décision diminuera peut-être pendant le projet.
D'où l'importance qu'il comprenne les conséquences à court et à long terme de sa
participation. S'il peut comprendre clairement toutes ces informations, il est capable
d'opérer un choix moralement valide entre la participation ou le refus de participer.
Il est toutefois possible qu'une personne comprenne les
éléments d'un protocole donné, mais non ceux d'un autre; par exemple, un protocole peut
être simple ou comporter des procédures que la personne connaît, tandis qu'un autre
peut être plus complexe ou menaçant. Il incombe au chercheur de s'assurer que le
participant comprend tous les aspects du protocole envisagé, et de confirmer ainsi sa
capacité de décision.
Table des
matières
|
| E. |
Recherche
auprès de personnes ayant une in validité |
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De nombreuses personnes ayant une invalidité sont
capables de faire leurs propres choix. Il ne faut pas confondre
incapacité de décision, d'une part, et des facteurs tels que
la perte de la vue ou de l'ouie, les troubles de la parole
ou la lenteur à répondre, d'autre part.
D'autres personnes peuvent avoir une déficience cognitive;
à cause de leur jeune âge, certaines n'auront peut-être pas encore atteint le seuil du
plein développement mental. Dans ces cas, elles risquent de ne pas être à même de
prendre certaines décisions. Quand le protocole suppose la participation de personnes
n'ayant pas les aptitudes cognitives nécessaires, il faut bien veiller à présenter les
informations aux personnes aptes à les comprendre et à le faire en des termes qui leur
seront compréhensibles.
Pour satisfaire à toutes les exigences quant à
l'information à divulguer aux fins de l'obtention du consentement, il importe de bien
évaluer les obstacles à la communication et à la compréhension présents chez le
participant éventuel. Il faut concevoir des moyens de communication répondant aux
besoins de toute personne dont on sollicite la participation. Les chercheurs doivent
décrire les plans qu'ils entendent appliquer pour évaluer les participants éventuels
dont la capacité de décision est douteuse et rédiger aussi une description détaillée
du processus suivant lequel ils demanderont aux participants de faire un choix; ils
doivent notamment concevoir des formulaires de consentement compatibles avec les besoins
du groupe d'où proviendront les participants éventuels.
Table des
matières
|
|
Dans bien des projets, le soutien du participant
éventuel par sa famille, intéressée et compatissante (ou par
d'autres personnes proches de lui), sera peut-être nécessaire
pour atténuer les risques psychologiques et l'angoisse associés
à la participation. Pareil soutien peut aussi favoriser l'observation
des exigences du protocole, voire être vitale à cet égard.
Cependant, les chercheurs doivent être conscients des risques
de conflits d'intérêts entre les participants éventuels et
leur famille.
Table des
matières
|
| G. Durée
du projet de recherche |
|
La durée du projet est importante. En effet, elle
peut finir par déranger les participants. Ceux-ci risquent
aussi de perdre totalement ou en partie leur capacité de décision
pendant le projet, ou de devenir incapables de continuer à
exprimer leur volonté de participer.
Table des
matières
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Quand un participant éventuel ne peut faire un
choix informé, l'autorisation doit venir de son représentant
légal. Les chercheurs doivent s'assurer que le rôle de décideur
remplaçant est assumé par la bonne personne, et prendre en
compte les facteurs suivants :
- Ils doivent respecter les lois concernant la capacité d'un
représentant d'autoriser la participation à un projet de recherche par une personne
incapable de décision.
- Le protocole doit contenir des procédures claires sur la
désignation d'un décideur remplaçant, quand il en faut un.
- Les chercheurs doivent être conscients du risque de conflits
d'intérêts (susceptibles d'entraîner des abus) entre le participant éventuel et son
décideur remplaçant, en ce qui concerne la participation du premier au protocole.
Table des matières
|
| I. Choix
des participants |
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Quand les chercheurs proposent de choisir comme
participants à leur projet des personnes incapables de décision,
ils doivent expliquer pourquoi des participants moins vulnérables
ne feraient pas raisonnablement l'affaire. Par exemple, quand
ils prévoient utiliser des enfants, les chercheurs doivent
dire pourquoi ils ne pourraient réaliser leur projet avec
des adultes capables de décision.
Table des
matières
|
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Divulgation et choix informé
Au nom du respect des personnes, il faut reconnaître
l'autonomie de celles capables de prendre leurs propres décisions,
et protéger de tout mal celles qui ne le sont pas. Pour qu'une
personne puisse décider d'elle-même en toute connaissance
de cause, on doit lui avoir divulgué toutes les informations
voulues. Idéalement, telle est la situation dans les projets
de recherche perçus comme un partenariat entre les chercheurs
et les participants éventuels. Ce processus décisionnel rationnel,
fondé sur le partage, nécessite un échange de renseignements
essentiels permettant aux deux parties de faire des choix
éclairés et prudents. C'est dans le contexte d'un tel partenariat
que la personne dûment informée des préjudices et des bienfaits
de la participation a les meilleures chances de prendre des
décisions judicieuses et sûres quant aux risques à courir.
Le partage de renseignements détaillés est essentiel à ce
stade. La loi abonde dans le même sens; en effet, comme les
bienfaits présumés de la participation ne sont pas prouvés,
ou qu'elle n'est censée rien procurer au participant, la loi
impose de rigoureuses normes de divulgation. Les informations
fournies doivent comprendre ce qu'une personne raisonnable
envisageant de participer au projet voudrait savoir sur les
conséquences et les conditions de sa participation, et cela
doit comporter notamment des détails sur la nature des préjudices
et bienfaits possibles et sur la probabilité qu'ils se manifestent.
Fournir l'information
Les informations sur la participation à la recherche doivent
être fournies de vive voix et par écrit, et il faut prendre tout le temps nécessaire
pour s'assurer qu'elles ont été bien comprises. Si elles sont particulièrement
complexes, il y a sans doute lieu de recourir à des aides audiovisuelles et à des
brochures conviviales. Au besoin, il faut prévoir l'utilisation d'experts aptes à
interpréter les informations.
Toujours pour assurer la meilleure compréhension possible,
il est impératif de fournir les informations pertinentes :
- dans la langue préférée du participant éventuel. Il faut
bien veiller à ce que toute interprétation ou traduction n'influe pas sur le choix
informé à faire;
- en des termes ordinaires - éviter l'usage abusif du jargon
médical ou technique (par ex., dire « contusion » ou « bleu », au lieu de «
hématome »);
- à la première ou à la deuxième personne (par ex., « vous
», ou « votre enfant »);
- au niveau approprié, compte tenu de l'âge et du degré
d'instruction de la personne (il existe un logiciel qui définit le niveau de langue
utilisé dans les documents, en fonction du degré de scolarité);
- avec des explications simples des termes cliniques (par ex.,
« un placebo est un substitut inactif d'un médicament »);
- avec une description des informations pertinentes (par ex.,
expliquer le degré d'exposition aux radiations en le comparant à la dose propre à une
radiographie des poumons, et ne pas dire simplement le nombre de roentgens; décrire le
volume de sang nécessaire en précisant le nombre de cuillers à thé, et non le nombre
de cc).
Règle générale, le formulaire de consentement à la
recherche ne doit pas dépasser trois pages, et il doit contenir à la fois les
informations pertinentes et le document de consentement en tant que tel. Il est
préférable de préparer un formulaire combiné, plutôt que de présenter séparément
le relevé des informations et le document de consentement, car on s'assure ainsi que le
participant éventuel reçoit par écrit tous les renseignements pertinents sur la
recherche envisagée. Les chercheurs et les CER auront avantage à se reporter à la liste
de contrôle concernant les informations à inclure dans le formulaire (voir les pages
23-24).
Dans tous les cas, la personne qui consent à participer à
une recherche doit recevoir un exemplaire signé du formulaire de consentement. Quand il
s'agit aussi d'un patient de l'établissement où le projet est mené, l'original du
formulaire signé doit, règle générale, être versé dans son dossier; le chercheur
n'est autorisé à garder qu'un double. Dans les autres circonstances, le chercheur doit
conserver dans les dossiers l'original signé.
Table des
matières
|
|
Caractère volontaire et choix informé
Pour que le consentement soit valide, il faut
non seulement que la personne soit capable de décision et
bien informée, mais aussi qu'elle ait choisi de participer
au projet librement et volontairement; en d'autres mots, elle
doit avoir donné ou refusé son consentement sans qu'il y ait
eu ingérence, crainte, contrainte, coercition ou incitation
indues.
Les contraintes physiques ou la déformation frauduleuse des
faits sont certes répréhensibles en toutes circonstances, mais des pressions peuvent
aussi être exercées de façons plus subtiles : promesses de compagnie, d'amour ou
d'affection; incitations financières; insistance sur les bienfaits plutôt que sur les
risques ou les dérangements; ou exploitation des faiblesses émotives, évocation de la
loyauté envers les pourvoyeurs de soins professionnels, ou de la solidarité familiale.
Les chercheurs doivent se préoccuper tout particulièrement
d'évaluer le caractère volontaire du consentement dans les situations suivantes.
Table des
matières
|
|
De nombreux participants éventuels vivent dans
des situations où ils dépendent de plus en plus de leur famille
et d'autres fournisseurs de soins. Il faut alors s'assurer
rigoureusement que les participants donnant leur consentement
le font bel et bien volontairement. La famille et les amis,
les professionnels de la santé ou qui que ce soit d'autre
doivent éviter d'exercer sur une influence excessive sur la
personne. D'un autre côté, il importe de reconnaître que les
processus décisionnels varient selon les familles et les cultures.
Par exemple, des participants éventuels vont préférer solliciter
l'avis de membres de leur famille sur la décision à prendre,
avant d'opérer leur choix, tandis que d'autres ne le feront
pas.
Table des
matières
|
| B. Soins
prolongés et chroniques |
|
Les patients des établissements de soins prolongés
sont particulièrement vulnérables, car, pour satisfaire à
leurs besoins fondamentaux sur les plans physique, social
et même émotif, ils dépendent beaucoup d'autrui (des professionnels
de la santé, surtout) tous les jours. Cette dépendance extrême
encourage souvent la passivité et la tendance à suivre les
directives données, même chez les personnes capables de décision.
Les personnes qui vivent en dehors des établissements de soins
prolongés ou chroniques, mais qui en dépendent beaucoup, sont
elles aussi très vulnérables. Aucune de ces personnes ne doit
jamais se sentir obligée de participer à un projet par crainte
de ne plus recevoir ses soins actuels ou à venir, ou de perdre
l'estime de ses fournisseurs de soins si elle refuse de participer.
Les chercheurs doivent détailler leurs plans de recrutement
quand ils demandent à de telles personnes de participer à leurs projets.
Table des
matières
|
| C.
|
Incitation
à participer à la recherche |
|
Les paiements et d'autres encouragements impropres
donnés pour inciter à participer à un projet une personne
qui ne l'aurait pas fait autrement, influent d'une façon excessive
sur la liberté de choix et sont inacceptables. Les paiements
faits à un taux approprié (intéressant, mais non incitatif)
pour compenser les dérangements subis ou les services rendus
sont acceptables. On peut aussi rembourser au participant
ou à son décideur remplaçant les frais (gardienne, transports,
repas, etc.) qu'ils ont engagés en raison même du projet.
Les incitations non financières (par ex., promesse de
modifier les soins ou de faire admettre rapidement la personne dans un centre hospitalier
de longue durée) sont répréhensibles dans les relations soit avec le participant
éventuel ou avec son décideur remplaçant.
Enfin, comme l'offre d'un traitement peut constituer une
forte incitation à participer, il importe de divulguer en des termes extrêmement clairs
tout plan de recherche comportant l'utilisation d'un placebo.
Table des
matières
|
|
Modèles de formulaire de consentement* et
liste de contrôle
|
| A.
|
Formulaire
annoté de consentement à la recherche : pour adultes capables de
décision (y compris les décideurs remplaçants) |
|
Les exigences à respecter pour garantir la divulgation
d'informations suffisantes sont résumées ci-après sous des
titres précis. Il importe de faire figurer les titres en italiques
dans le Formulaire de consentement à la recherche,
pour s'assurer que l'on n'oublie aucun aspect et pour favoriser
la compréhension. Plus particulièrement, l'emploi de ces titres
:
- aide à garantir qu'aucune information pertinente n'est exclue
par inadvertance;
- encourage les chercheurs à présenter les informations d'une
manière accessible au participant éventuel moyen.
Formulaire de consentement à la recherche
Il faut bien intituler le formulaire pour que le participant
éventuel comprenne clairement qu'il s'agit d'un projet de recherche, et non d'un
traitement.
- Nom de l'établissement
- Date
Il faut inscrire sur chaque page du formulaire, dans
le coin supérieur droit, la date où le CER approuve le protocole. De cette façon, on
s'assure de pouvoir facilement reconnaître toute version ultérieure du formulaire. Par
exemple, il est possible que l'obtention de nouvelles informations sur les préjudices et
les bienfaits pouvant découler de la recherche oblige le chercheur à réviser la version
originale du formulaire de consentement. Il s'ensuit que la date de toute révision faite
après l'approbation initiale doit figurer dans le coin supérieur droit du formulaire.
Titre du projet de recherche
Le formulaire de consentement doit comprendre le titre exact
du protocole de recherche (c.-à-d. celui sous lequel il a été approuvé et financé).
Quand le titre est particulièrement lourd et compliqué, on peut en ajouter une version
simplifiée et abrégée.
Chercheur(s)
Immédiatement sous le titre du projet de recherche doivent
figurer le(s) nom(s), le(s) titre(s) universitaire(s), le département (l'employeur, s'il
ne s'agit pas de l'établissement où le projet est mené), et le(s) numéro(s) de
téléphone du (des) chercheur(s).
Il faut bien veiller à ne pas déformer les faits ni à
tromper le participant éventuel. Par exemple, si un des chercheurs est étudiant, il faut
le dire explicitement, et le(s) nom(s), le(s) titre(s) universitaire(s), le département
(l'employeur, s'il ne s'agit pas de l'établissement où le projet est mené), et le(s)
numéro(s) de téléphone du superviseur doivent aussi figurer dans le formulaire.
Un participant éventuel risque aussi d'être induit en
erreur s'il n'est pas clairement informé de la différence qu'il y a entre un docteur en
médecine et le titulaire d'un doctorat (Ph.D.) dans une discipline non médicale, et des
conséquences d'une telle différence.
En outre, il est impératif d'indiquer explicitement le nom
de la personne-ressource (d'habitude, le chercheur principal) et d'inviter le participant
éventuel à l'appeler pour obtenir réponse à ses questions. Préciser clairement les
heures d'accessibilité (par ex., du lundi au vendredi, de 9 h à 17 h).
Commanditaire(s)
Les noms respectifs des entreprises et/ou des organismes
subventionnaires commanditant la recherche doivent figurer dans le formulaire. Il convient
aussi d'indiquer si la recherche aura lieu dans un seul endroit, ou si elle fera partie
d'un essai multicentre.
But de la recherche
Une brève description du but de la recherche doit expliquer
quelle hypothèse on essaie de vérifier et ce que la recherche est censée démontrer.
S'il y a des critères particuliers régissant le choix et le rejet des participants, il
faut les mentionner ici.
Description de la recherche
Il faut fournir une description des diverses étapes de la
recherche, telles que le participant les franchira, et préciser clairement la durée
prévue de la prestation de ce dernier. L'objectif consiste à bien faire comprendre à la
personne le rôle qu'elle jouera (remplir un questionnaire, études sur la modification
des comportements, essai d'équipement ou d'un nouveau médicament, intervention
chirurgicale, etc.). En donnant cette description, il importe d'expliquer :
- si des tests particuliers sont nécessaires pour établir
l'admissibilité des participants éventuels (par ex., test de dépistage du VIH, tests
psychologiques);
- si le plan de recherche prévoit le recours à des techniques
particulières, telles que l'aléation, l'attribution de tâches séquentielles, une
épreuve à double insu, ou le contrôle placebo;
- si le dossier médical de la personne sera examiné;
- si le participant sera exposé à des radiations et, le cas
échéant, dans quelle mesure;
- s'il y aura des analyses sanguines et, le cas échéant, la
quantité de sang qui sera prélevée;
- si, à cause de sa participation au projet, la personne devra
s'absenter de l'école ou du travail;
- s'il est prévu que les données issues du projet
(photographies, vidéos, enregistrements sonores, informations sur l'ADN, lignées
cellulaires permanentes) serviront dans l'avenir ou non. Si l'on pense que les
données/échantillons seront utilisés plus tard, il faut l'expliquer au participant
éventuel et lui garantir qu'ils seront protégés par le sceau de la confidentialité.
Dans le cas contraire, il faut dire au participant qu'ils seront détruits, une fois le
projet achevé;
- les règles concernant l'arrêt des recherches et/ou le
retrait d'un participant.
De même, si les participants éventuels sont des patients,
il importe d'expliquer :
- quelles interventions relèvent du traitement normal et
lesquelles font purement partie de la recherche;
- si les soins en cours seront modifiés ou cesseront par suite
de la participation de la personne au projet;
- si la participation à la recherche obligera la personne à
faire d'autres visites à l'hôpital ou à y séjourner plus longtemps;
- si le participant pourra bénéficier du service/du
médicament/de l'intervention/de l'appareil, une fois le projet achevé, à supposer que
cela ait été bénéfique. (On s'attend à ce que, le cas échéant, le chercheur essaie
d'obtenir du commanditaire l'autorisation de continuer à fournir le service, le
médicament, l'intervention ou l'appareil aux participants, au-delà du calendrier
original du projet et tant que l'élément en question ne sera pas offert dans un contexte
thérapeutique.)
Préjudices possibles
Il faut décrire séparément les uns des autres les
préjudices et les bienfaits possibles du projet. En outre, pour garantir le caractère
volontaire de la participation, il importe d'énumérer d'abord les préjudices possibles.
Si l'on n'associe aucun préjudice connu ou prévu à la
recherche proposée, il faut le dire explicitement. Si le participant court des risques
connus, il convient de les décrire aussi précisément que possible et de fournir alors
des détails pertinents sur la nature des préjudices (leur degré de gravité) et sur
leur probabilité (jusqu'à quel point risquent-ils de se produire ?). En outre, il faut
donner des informations sur la possibilité de réparer les préjudices et une description
des précautions que l'on prendra pour réduire au minimum les chances qu'ils se
produisent. Dans un cas comme dans l'autre, il faut déclarer que des préjudices
imprévus risquent de se produire.
Bienfaits possibles
Si la recherche ne doit pas procurer de bienfaits au
participant éventuel, il faut le dire explicitement, mais s'il doit y en avoir, il
convient de les décrire aussi précisément que possible et de fournir des détails
pertinents sur leur nature (leur degré d'importance) et sur leur probabilité (dans
quelle mesure risquent-ils de se produire ?).
Dans le cas des projets susceptibles d'avoir des
conséquences bénéfiques pour la société ou un groupe donné (par ex., les personnes
souffrant d'une maladie ou d'un trouble en particulier), il faut expliquer les avantages
possibles dans un paragraphe distinct, de manière à ne pas confondre les bienfaits
procurés au participant avec ceux dont les autres pourront profiter.
Solutions de rechange
Si aucun patient ne participe au projet, on peut omettre
cette section. Si le participant éventuel n'est pas un patient, la seule possibilité en
dehors de la participation est la non-participation, et cet aspect est expliqué à la
rubrique « Participation ».
Si des patients sont censés participer à la recherche, il
importe qu'ils sachent s'il existe des « traitements » de rechange. S'il n'y en a pas
(pas de thérapie accessible), il faut le préciser. Dans le cas contraire, il convient de
décrire les solutions de rechange et de préciser notamment la nature de ces solutions
ainsi que les préjudices et les bienfaits possibles inhérents à chacune.
Confidentialité
Il est important pour le participant éventuel de savoir qui
aura accès aux données et échantillons du projet et comment ces éléments seront
entreposés.
D'habitude, il est possible de garantir au participant
éventuel que la confidentialité sera respectée et qu'aucun détail qui révélerait son
identité ne sera diffusé ou publié sans l'obtention du consentement nécessaire. Il
importe de signaler, cependant, que certains organismes peuvent légitimement demander à
consulter les dossiers de recherche pour contrôler un projet en cours. Le cas échéant,
il faut expliquer cet aspect dans le formulaire de consentement et donner le nom de tout
organisme qui aura accès aux informations divulguant l'identité du participant (par ex.,
le commanditaire de la recherche, la Direction générale de la protection de la santé,
la U.S. Food and Drug Administration).
Quand on prévoit par ailleurs utiliser des documents
identifiant le participant (par ex., des photographies, des vidéos, ou des
enregistrements sonores) pour des recherches ultérieures ou à des fins d'enseignement,
il faut l'indiquer dans le formulaire de consentement, et il doit exister un formulaire
distinct à cet égard. Dans la majorité des cas, il ne convient de présenter ce
deuxième formulaire au participant qu'après qu'il a eu la chance d'examiner les
documents et de décider, en fonction de leur contenu, s'il acceptera ou refusera qu'ils
servent à d'autres recherches ou à l'enseignement.
Par ailleurs, le formulaire de consentement doit expliquer
que, si le participant est un patient de l'établissement où le projet est mené, les
informations relatives à sa participation seront versées dans son dossier médical, et
il faut à tout le moins que ce dernier contienne le formulaire de consentement signé. De
plus, on peut inclure dans le dossier les résultats des tests (par ex., dépistage du
VIH, tests génétiques) et d'autres conclusions issues de la recherche (surtout quand
celles-ci risquent d'influer directement sur le traitement). Si c'est là le but ou une
conséquence probable de la recherche, il faut le divulguer.
Enfin, dans des situations rares, il ne sera pas possible de
garantir la confidentialité (par ex., maltraitance soupçonnée d'un enfant, maladies
transmissibles à déclaration obligatoire). Il faut mettre le participant éventuel au
courant de cette limite.
Remboursement
Quand le budget permet de rembourser au participant ses
pertes de salaire (salaire minimum) et des frais divers (transport, repas, gardienne,
etc.), il faut le préciser dans le formulaire de consentement. Il convient aussi
d'expliquer que, si le participant décide de se retirer du projet, il sera tout de même
remboursé des frais subis antérieurement.
Participation
Il faut dire très explicitement au participant éventuel
qu'il a le droit de refuser de prendre part au projet envisagé et, de plus, que toute
décision de participer ne l'obligera en rien. Il importe de bien préciser que le
participant peut se retirer du projet n'importe quand, sans subir quelque conséquence
négative que ce soit.
Il faut expliquer à la personne s'il s'agit d'un des rares
cas où le retrait n'est pas possible (par ex., dans le cadre d'une recherche sur le
transfert génique somatique). Il importe tout autant de faire savoir aux participants
que, s'ils se retirent du projet à un moment donné, les données recueillies jusqu'alors
ne seront pas nécessairement retirées pour autant.
Enfin, cette partie du formulaire doit comporter une offre de
partage des conclusions de la recherche avec le participant, une fois le projet achevé.
Publication
Le chercheur doit : 1) s'engager à informer le participant
de la publication des résultats; et 2) lui garantir que son identité ne sera pas
révélée.
Consentement
Cette partie doit résumer brièvement (un paragraphe) le
projet et préciser que les préjudices, bienfaits et autres solutions possibles ont été
expliqués au participant éventuel. On doit y déclarer que ce dernier : 1) a lu et
compris les informations pertinentes; 2) comprend qu'il peut poser des questions dans
l'avenir; 3) consent librement à participer au projet et l'atteste en signant le
formulaire de consentement.
Quand un décideur remplaçant donne le consentement, il faut
avoir la preuve que le participant éventuel a fourni son assentiment, à condition que ce
dernier soit capable de ce faire (par ex., c'est possible s'il s'agit d'un enfant
relativement âgé, mais non d'un patient comateux). L'assentiment susmentionné doit
être indiqué sur le formulaire par le chercheur qui a obtenu le consentement du
décideur remplaçant; on ne fait pas signer le formulaire au participant en pareilles
circonstances.
La signature du participant (ou du décideur remplaçant)
doit être suivie par une déclaration signée du chercheur qui a obtenu le consentement
et qui doit y préciser qu'il a expliqué le projet au participant éventuel ou au
décideur remplaçant et qu'au mieux de sa connaissance, ces personnes ont compris la
recherche envisagée et ont consenti librement à y prendre part.
Avertissement
Le formulaire de consentement ne doit contenir aucune mention
d'une renonciation par le participant à ses droits légaux. On ne doit pas demander à ce
dernier de renoncer à son droit de poursuivre le chercheur, le commanditaire, ou
l'établissement où la recherche a lieu en dommages-intérêts ou pour négligence.
Libellé proposé
Préjudices possibles
« Autant que nous sachions, votre participation à la
recherche ne vous causera aucun préjudice. Cependant, il peut exister des risques dont
nous ignorons l'existence pour le moment. »
Bienfaits possibles
« Votre participation à la recherche ne vous procurera
aucun bienfait connu. »
« Votre participation à la recherche ne vous profitera pas directement. »
Confidentialité
« La confidentialité sera respectée. Aucune information
révélant votre identité ne sera diffusée ou publiée à moins que vous y ayez
expressément consenti. »
« La confidentialité sera respectée. Aucune information
révélant votre identité ne sera diffusée ou publiée à moins que vous y ayez
expressément consenti. Il importe cependant de souligner que l'original du formulaire de
consentement signé (et les données ultérieures) seront versés dans votre dossier
médical. »
« La confidentialité sera respectée. Aucune information
révélant votre identité ne sera diffusée ou publiée à moins que vous y ayez
expressément consenti. Il importe cependant de souligner que l'original du formulaire de
consentement signé (et les données ultérieures) seront versés dans votre dossier
médical. En outre, des représentants de (inscrire ici le nom de la société
commanditaire, la Direction générale de la protection de la santé, la U.S. Food and
Drug Administration, etc.) peuvent, aux fins du contrôle du projet, inspecter des
dossier de recherche qui vous identifient.»
Toutefois,
« si nous découvrons des informations que la loi nous
oblige à divulguer (par exemple, maltraitance d'un enfant, incapacité de détenir un
permis de conduire valide, etc.), nous ne pouvons garantir le respect de la
confidentialité. »
Participation
« La participation à la recherche doit être volontaire. Si
vous décidez d'y prendre part, vous et votre famille continuerez d'avoir accès à des
soins de qualité. Si vous décidez de participer et que vous changez d'idée par la
suite, vous pouvez dire non et mettre un terme à la recherche n'importe quand. Vous et
votre famille continuerez tout de même d'avoir accès à des soins de qualité. »
Table des
matières
|
| B. |
Formulaire
d'information aux fins de la recherche : pour les participants éventuels qui peuvent
être jugés aptes à consentir ou à refuser de consentir à participer à la recherche
|
|
Ce formulaire ne peut être utilisé sans le Formulaire
de consentement à la recherche.
Prière de suivre la structure présentée ci-après :
- Titre du projet de recherche
- Chercheur
- Pourquoi faisons-nous cette recherche ?
- Qu'arrivera-t-il pendant la recherche ?
- Le projet comporte-t-il des avantages et des inconvénients ?
- Qui sera mis au courant de ce que j'ai fait pendant le projet
?
- Puis-je décider de participer ou non à la recherche ?
La teneur du texte figurant sous ces rubriques doit être
identique à celle des passages correspondants du Formulaire annoté de consentement à
la recherche. Le formulaire d'information doit pouvoir être compris par un enfant de
sept ans. Le texte doit donc en être très simple. Il faut y employer la voix active
uniquement et éviter d'utiliser des expressions restrictives.
Table des
matières
|
| C. |
Modèle de
liste de contrôle Formulaire de consentement |
La liste de contrôle a pour objet d'aider les
chercheurs à rédiger le formulaire de consentement, et les
CER à les réviser. La liste énumère les éléments à inclure
dans le formulaire. Examinez soigneusement le modèle de formulaire
de consentement et assurez-vous que tous ces éléments y figurent.
Le formulaire de consentement mentionne clairement :
- les noms des chercheurs et, si ceux-ci sont
étudiants, les noms de leurs surveillants (la personne à joindre pour obtenir réponse
aux questions pertinentes doit être nommée clairement);
- le(s) commanditaire(s) du projet de recherche.
Le formulaire de consentement explique clairement :
- que l'intervention proposée est faite aux fins
de la recherche (médicament, appareil, procédure, etc., utilisés à des fins de
recherche);
- le but de la recherche proposée (pourquoi la
recherche est faite);
- la nature de la recherche proposée (ce que la
recherche comporte; indiquer ici des détails sur l'utilisation d'un placebo, sur la
nature de l'aléation, sur la nécessité de mettre fin au traitement normal);
- la durée probable de la participation (durée
de la recherche, et de chaque intervention);
- les préjudices et inconvénients probables de
la recherche (nature des préjudices et inconvénients, et probabilité qu'ils se
produisent);
- les bienfaits possibles de la recherche (nature
des bienfaits pour le participant et autrui, et probabilité qu'ils se produisent);
- les solutions de rechange à la participation à
la recherche (par ex., thérapie médicale normalisée existant déjà);
- les mesures prises pour garantir la
confidentialité (qui aura accès aux données ? comment seront-elles
entreposées ?)
- les détails sur le remboursement des frais
engagés;
- que la participation à la recherche est
volontaire (le droit de refuser de participer et de se retirer du projet sans subir
quelque tort que ce soit).
Le formulaire de consentement ne comporte :
- aucune renonciation au droit de poursuivre le(s)
chercheur(s), le(s) commanditaire(s), l'établissement (les établissements), ou leur(s)
agent(s) en dommages-intérêts ou pour négligence.
Le formulaire de consentement est rédigé :
- dans la langue de préférence du participant
éventuel (ou du décideur remplaçant);
- en des termes simples et ordinaires;
- à un niveau de langue approprié (compte tenu
du caractère du participant par ex., enfant ou adulte);
- avec des explications simples des expressions
cliniques.
Table des matières
|
|
Bibliographie de sources choisies sur le choix
informé
La liste d'articles ou de rapports figurant ci-après
a pour objet de fournir aux chercheurs et aux CER des jalons
pour les informer sur les ouvrages qui examinent des aspects
fondamentaux du consentement, dans le contexte de l'éthique
et de la recherche auprès des sujets humains. En choisissant
les titres, nous avons voulu préserver un certain équilibre
des points de vue et fournir des listes de référence. Nous
avons cherché aussi à citer les principales contributions
ou les « classiques » du domaine. Pour obtenir une bibliographie
plus complète, prière de voir CNÉRH, Bibliographie sélective
: Bioéthique de la recherche auprès des sujets humains
dans les sciences de la santé (1983-1993), Communiqué CNBRH
(Supplément spécial), 1995, 6:2.
Annas GJ et Grodin MA. The Nazi Doctors and the Nuremberg
Code, New York : Oxford University Press, 1992.
L'ouvrage contient une collection détaillée d'essais
sur les origines du Code de Nuremberg et sur les exigences juridiques auxquelles doit
satisfaire quiconque veut obtenir le consentement informé de participants éventuels à
un projet de recherche.
Beecher HK. Ethics and Clinical Research, New England
Journal of Medicine 1966, 274(24) :1354-1360.
Cet article marquant a attiré beaucoup d'attention
sur l'éthique des expériences menées auprès de sujets humains en Amérique du Nord
après la Deuxième Guerre mondiale. Beecher présente 22 exemples de recherches
médicales violant les règles de l'éthique, et il exhorte les chercheurs à réfléchir
aux importantes questions de l'autonomie, du consentement informé et de l'intégrité
scientifique. On estime que l'article a grandement contribué à l'élaboration des normes
sur l'éthique de la recherche aux États-Unis.
Bioethics Line (1-800-MED-ETHX)
La ligne de bioéthique a été établie par le Kennedy
Centre for Ethics de l'Université de Georgetown. Elle sert à mener des recherches
bibliographiques.
Bok S. Shading the Truth in Seeking Informed Consent for
Research Purposes, Kennedy Institute of Ethics Journal 1995; 5(1) :1-17.
Bok expose divers cas où les chercheurs n'ont fourni
que des renseignements partiels pour obtenir le consentement de sujets humains, ce qui a
empêché ces derniers de bien évaluer les risques de leur participation aux projets de
recherche. Elle compare le Code canadien de déontologie professionnelle des psychologues
au code américain correspondant, relativement aux recherches trompeuses. Bok fait
l'éloge du Code canadien, axé sur la prudence, et préconise le dialogue franc entre les
parties et l'honnêteté envers autrui et envers soi-même.
Conseil des organisations internationales des sciences
médicales, International Ethical Guidelines for Biomedical Research Involving Human
Subjects. Genève, 1993.
Conseil des organisations internationales des sciences
médicales, International Guidelines for Ethical Review of Epidemiological Studies.
Genève, 1991.
Davis TC, Crouch MA, Wills G, Miller S et Abdehou DM. The Gap
between Patient Reading Comprehension and the Readability of Patient Education Materials, The
Journal of Family Medicine 1990; 31(5) : 533-538.
Dans une étude menée auprès de 151 patients, on a
constaté que, chez plus de 60 % d'entre eux, la capacité de lecture avait baissé d'au
moins trois niveaux par rapport à celle caractérisant leur dernière année de
scolarisation. En outre, 40 % des participants ne possédaient pas la capacité de lecture
d'élèves de la 5e. Or, pour comprendre les documents écrits fournis, il fallait avoir
fait entre sa 11e et sa 14e année d'études. Les auteurs recommandent d'améliorer les
documents à lire et de trouver de meilleures façons d'évaluer le degré de littératie
des participants éventuels.
Faden RR, Beauchamp T. A History & Theory of Informed
Consent, New York, Oxford University Press, 1986.
L'ouvrage est considéré comme un « classique »; il
détaille l'historique (et les fondements théoriques) de la procédure suivant laquelle
on demande à une personne de consentir à recevoir un traitement ou à participer à une
recherche.
Journal of Clinical Epidemiology 1991; 44 Supplément
(numéro entier).
Ce numéro de la revue contient de nombreux articles
sur l'éthique et les principes d'éthique s'appliquant à l'épidémiologie et à la
recherche dans ce domaine. Au nombre des auteurs figurent d'éminents experts de
l'éthique, dont Beauchamp, Capron et d'autres, ainsi que des épidémiologistes. Parmi
les thèmes abordés, citons la théorie de l'éthique et l'épidémiologie, les lignes
directrices destinés aux épidémiologistes en matière d'éthique, la protection des
participants aux recherches, et les responsabilités des épidémiologistes envers les
participants.
Keyserlingk EW, Glass KC, Kogan S et Gauthier S. Proposed
Guidelines for the Participation of Persons with Dementia as Research Subjects, Perspectives
in Biology and Medicine 1995; 38(2) : 319-362.
Résultant d'un vaste processus de consultation,
l'article contient des lignes directrices au sujet des personnes affligées de démence et
servant de sujets à des chercheurs. Les auteurs mettent l'accent sur l'évaluation des
risques et des avantages, sur la protection des personnes incapables de décision, sur le
caractère volontaire du consentement, et sur les décideurs mandataires. Des lignes
directrices particulières sont offertes pour divers genres et degrés de démence.
Kings College, Londres, Manual for Research Ethics
Committees, Londres, 3e éd., 1994.
L'ouvrage forme un compendium utile de textes à
l'intention des comités de l'éthique de la recherche, notamment dans le contexte
britannique.
Kopelman L. Consent and Randomized Clinical Trials: Are There
Moral or Design Problems?, Journal of Medical Philosophy 1986; 11 : 317-348.
L'auteur examine la compatibilité entre, d'une part,
les exigences actuelles relatives à l'obtention du consentement et, d'autre part, les
modèles d'essais cliniques aléatoires (ECA); il cerne d'abord les grandes questions à
poser, puis il se penche sur sept modèles d'ECA. Il conclut que certains enfreignent la
morale, car ils compromettent le rôle du médecin et les droits du patient. L'article
sera fort utile à quiconque cherche à faire la lumière sur les dilemmes moraux
inhérents aux ECA.
Levine RL. Ethics and Regulation of Clinical Research,
New Haven : Yale University Press, 1986.
L'ouvrage de Levine est considéré comme un classique
sur l'éthique de la recherche. Il aborde en profondeur une vaste gamme de sujets, dont le
consentement informé, la tromperie, la vie privée et la confidentialité, et les
questions particulières qu'engendre l'utilisation de plusieurs genres de groupes humains
vulnérables dans les milieux de la recherche.
Conseil de recherches médicales du Canada (CRMC). Lignes
directrices concernant la recherche sur des sujets humains 1987.
Ces lignes directrices sont en cours de révision chez
le Groupe de travail des trois conseils (Conseil de recherches médicales du Canada,
Conseil de recherches en sciences naturelles et en génie, et Conseil de recherches en
sciences humaines du Canada).
McCarthy CR. To Be or Not to Be: Waiving Informed Consent in
Emergency Research. Kennedy Institute of Ethics Journal 1995; 5(2) : 155-162.
McCarthy examine le débat qui se poursuit
actuellement aux É.-U. sur la définition de « risques minimums », en tant que critère
à suivre pour permettre la dérogation aux règles d'obtention du consentement informé
dans les situations d'urgence. Il évoque la possibilité que les démunis et les membres
de minorités ne puissent pas participer aux essais cliniques si les chercheurs ne peuvent
être dispensés de l'obligation d'obtenir le consentement informé, dans certaines
situations d'urgence.
Conseil national de la bioéthique en recherche chez les
sujets humains, Réflexions sur la recherche auprès des enfants. Ottawa: 1993.
Rapport du CNÉRH sur des questions fondamentales
d'éthique soulevées par la recherche auprès des enfants au Canada.
Parker LS et Lidz CW. Familial Coercion to Participate in
Genetic Family Studies: Is There Cause for IRB Intervention?, IRB: A Review of Human
Subjects Research 1994; 16(1,2) : 6-12.
Prenant la recherche génétique comme exemple, les
auteurs examinent d'un oeil empirique les écrits sur la coercition et les familles, dans
le contexte de la recherche et des traitements. Ils parlent du rôle de l'IRB dans les cas
où il y a lieu de craindre que la famille force un de ses membres à participer à une
recherche, et ils soulignent l'importance d'instaurer la confiance lorsqu'on recrute des
participants pour un projet de recherche.
Peterson BT, Clancy SJ, Champion K et McLarty JW. Improving
Readability of Consent Forms: What the Computers May Not Tell You, IRB: A Review of
Human Subjects Research 1992; 14(6) : 6-8.
Les auteurs fournissent des renseignements précieux
sur les logiciels et leur capacité de faire le pont entre l'intelligence de textes chez
les participants et la compréhensibilité des formulaires de consentement. De plus, ils
montrent comment les illustrations graphiques de l'information améliorent la lisibilité.
United States National Institutes of Health, Office of
Protection of Research Risks, Institutional Review Board Guidebook, Washington
(D.C.) : Government Printing Office, 1994.
Guide utile pour les comités de l'éthique de la
recherche, dans le contexte américain. Bien que l'ouvrage mette l'accent sur les
exigences américaines du processus d'examen éthique, l'analyse des questions s'avère
souvent utile sur le plan générique.
Table des
matières
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