| Volume 8 Numéro 1 |
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été 1997 |
| ÉLÉMENTS DE RÉFLEXION SUR LA SURVEILLANCE DU CONTRÔLE ÉTHIQUE DE LA RECHERCHE | ||||||||||||||||
par Louis-Nicolas Fortin et
Thérèse Leroux
Ce cadre normatif entraîne une disparité plus ou moins importante des comités déthique et de la façon dont ils appliquent les principes éthiques2. Dès lors, il semble important de déterminer dans quelle mesure on doit assurer une surveillance du contrôle éthique exercé par les comités déthique, et quelle serait la formule idéale à adopter. En 1992, le Conseil national d'éthique en recherche chez l'humain (CNÉRH) a institué une procédure de visite des comités déthique3. Un tel mécanisme est-il suffisant ou dautres mesures doivent-elles être prises pour assurer la protection des sujets dexpérimentation au Canada? La présentation des mécanismes élaborés dans dautres pays ainsi que de lapproche retenue par le Conseil canadien de protection des animaux (CCPA) nous permettra didentifier différentes avenues possibles. Notre démarche se poursuivra par une description de létat de la situation et de la réflexion sur le sujet au Canada, et au Québec, incluant certaines considérations constitutionnelles. Nous proposerons ensuite différents modèles de mécanismes de surveillance du contrôle éthique. Enfin, nous dégagerons certains avantages et inconvénients qui leur sont propres. PARTIE I EXEMPLES DE MÉCANISME DE SURVEILLANCE DES COMITÉS DÉTHIQUE En vue de tirer avantage de lexpérience acquise par ceux qui disposent déjà dun mécanisme de surveillance bien établi, nous examinerons la situation qui prévaut à létranger (A) mais aussi au Canada (B). En effet, les comités de protection des animaux font lobjet dune surveillance formalisée par le Conseil canadien de protection des animaux (CCPA). A) À LÉTRANGER Lorsque lon étudie les mesures de surveillance des comités déthique à létranger, on constate une grande variété de modèles, allant de labsence dorganisme ayant un pouvoir de surveillance4 à des mécanismes très sévères de contrôle5, en passant par des mesures générales de retrait dagrément6. En examinant la situation qui prévaut aux États-Unis (1), de même que celle existant en France (2), nous illustrerons deux modèles fort intéressants. Section 1. Aux États-Unis Aux États-Unis, des normes rigoureuses applicables à certains comités déthique de la recherche7 (IRBs) visent à protéger les droits et le bien-être des sujets humains prenant part à des expérimen-tations réglementées par la Food and Drug Administration (FDA) ou à des expérimentations requises pour des demandes dautorisation de recherche ou de mise en marché pour des produits réglementés par le FDA8. À cet égard, un mécanisme de surveillance et de contrôle administratif est prévu afin de veiller au respect des dispositions réglementaires portant sur lorganisation et le personnel du comité9, son rôle, son fonctionnement et ses activités10, et enfin la tenue de ses dossiers11. Si lors dune inspection par le FDA, lenquêteur constate que le comité ne respecte pas les normes, il remettra un résumé de ses observations à un représentant du comité concerné. Par la suite, le FDA peut envoyer au comité et à linstitution de laquelle il relève, une lettre décrivant en quoi le comité enfreint les normes réglementaires. Le FDA exige que le comité ou linstitution lui transmette dans un délai donné les mesures correctrices qui seront prises. Le FDA peut effectuer une autre visite afin de vérifier si les corrections ont été apportées. Tant que la preuve nest pas faite par linstitution que la situation est corrigée, le FDA peut appliquer diverses sanctions12. Ainsi, le FDA peut refuser dapprouver toute nouvelle recherche qui serait menée à linstitution ou révisée par le comité déthique; décider quaucun sujet dexpérimentation ne soit ajouté à un projet en cours; arrêter un projet en cours lorsquil ny a pas de danger pour les sujets; lorsque lirrespect des normes crée un danger significatif pour les droits et le bien-être des sujets, en avertir les agences fédérales et les États concernés et les autres parties ayant un intérêt direct dans les activités du FDA. Lorsque le comité ou linstitution ne prend pas les mesures correctrices nécessaires, le « Commissioner of Food and Drugs » doit déterminer si lirrespect des normes réglementaires pourrait justifier la perte de qualification du comité ou de linstitution. Suite à une audition, le Commissaire rend une décision motivée dans laquelle le sort des projets en cours est énoncé13. La décision du Commissaire est rendue publique14. Notons que la disqualification nempêche aucun autre recours prévu par la loi, et que le FDA peut en tout temps, via le Department of Justice, instituer un recours judiciaire ou recourir à des mesures de contrôle, ainsi que transmettre les faits du dossier à toute autre agence pouvant intervenir15. Le FDA napprouvera pas une demande de permis de recherche qui doit être révisée par un comité disqualifié ou menée dans une institution disqualifiée. De plus, il refusera une demande de mise en marché fondée sur une telle recherche. Toutefois, le comité ou linstitution concerné peut soumettre une demande écrite de nouvelle qualification expliquant les mesures de correction prises et les moyens dassurer que les règles seront désormais respectées. Le Commissaire peut dès lors les reconnaître comme qualifiés et il devra en aviser les mêmes personnes qui avaient reçu lavis de disqualification16. Section 2. En France En 1988, le législateur français a intégré au Code de la santé publique plusieurs principes éthiques portant sur la recherche sur les sujets humains17. Ainsi, le ministre chargé de la santé doit agréer un ou plusieurs comités consultatifs de protection des personnes dans la recherche biomédicale pour chaque région18. Par ailleurs, tout projet de recherche sur lêtre humain doit être soumis à lavis dun tel comité19 qui doit se prononcer sur les conditions de validité de la recherche20. Tout avis défavorable doit être transmis au ministre chargé de la santé. Plus spécifiquement, la composition du comité consultatif de protection des personnes dans la recherche biomédicale ainsi que les conditions dagrément, de financement, de fonctionnement et de nomination des membres sont prévues par un décret en Conseil dÉtat21. En outre, la demande dagrément, présentée par le président du comité au ministre chargé de la santé, doit contenir les statuts du comité, ladresse de son siège et ses moyens prévisionnels de fonctionnement, notamment en personnel, ainsi que lidentité et la qualité des membres du comité. Le comité est agréé par arrêté du ministre, publié dans le Journal officiel de la République française. Parmi ses obligations, le comité doit annuellement faire un rapport de ses activités22. Il importe de souligner que le ministre chargé de la santé jouit du pouvoir de retirer lagrément dun comité23. Toutefois, aucun système dévaluation du comité et de retrait de lagrément nest établi. Bien que la description du mode de surveillance des comités consultatifs de protection des personnes dans la recherche biomédicale soit sommaire, il demeure que le ministre chargé de la santé se réserve un pouvoir de sanction. Par ailleurs, notons quil ny a aucune référence expresse au Comité consultatif national déthique pour les sciences de la vie et de la santé24; le rôle de surveillance à légard des comités consultatifs de région nest pas de son ressort. B) AU CANADA Le Conseil canadien de protection des animaux25 (CCPA) a élaboré un mécanisme de surveillance des comités locaux qui mérite dêtre examiné. Alors quaux États-Unis et en France, le mécanisme de surveillance est établi dans un texte législatif, ce nest pas le cas pour le CCPA. Son programme dévaluation se concentre sur le soin et lutilisation des animaux et sur lefficacité des comités institutionnels de protection des animaux (CIPA). Ces derniers doivent sassurer que lutilisation des animaux se fait de façon éthique et que les lignes directrices émises par le CCPA26 sont respectées. Une recherche ne peut débuter sans quun comité local nait évalué et approuvé le protocole. Le programme dévaluation prévoit des visites dévaluation menées par des « assessment panels » (comités dévaluation). Ceux-ci sont composés de scientifiques (en général trois) nommés par le CCPA et ayant une expérience et des connaissances approfondies sur lexpérimentation sur les animaux et les soins à leur apporter. Chaque panel comprend aussi un membre de la Fédération des sociétés canadiennes dassistance aux animaux, ou dun autre groupe de protection des animaux. Le directeur ou directeur adjoint à lévaluation du CCPA sera membre ex-officio du panel. Tous les membres sont bénévoles. Avant toute visite dévaluation, linstitution doit faire parvenir au CCPA de linformation sur (1) ladministration, (2) le personnel chargé du soin et de lentretien des animaux, (3) lespace et lemplacement des lieux alloués à lhébergement et à lutilisation des animaux, (4) les espèces et le nombre danimaux utilisés, (5) lutilisation même des animaux, (6) les projets de recherche et les activités de formation examinés par le comité local. Cette information permettra au panel de mieux planifier sa visite. En général, la visite débute par une réunion avec les membres du CIPA et ladministrateur en chef de linstitution. Le programme de protection des animaux de linstitution est évalué et les modifications faisant suite aux recommandations de la dernière évaluation sont analysées. Après cette rencontre initiale, le panel visite toutes les aires servant à garder les animaux ou celles où lon procède aux expérimentations. À cette occasion, plusieurs chercheurs sont questionnés et des procédures spécifiques observées. Les membres du panel sont généralement accompagnés dun membre du comité local et dun administrateur de linstitution. À la fin de la visite, une nouvelle réunion avec ladministrateur en chef de linstitution et tous les membres du comité local est convoquée au cours de laquelle le panel donne un aperçu de ses observations et de ses recommandations les plus importantes. Si le panel a des craintes importantes ou sérieuses à légard dun des aspects des mesures de soins ou dutilisation des animaux, il peut exiger que la situation soit corrigée immédiatement. Suite à la visite, le panel rédige un rapport qui fait part de ses recommandations. Si un membre du panel est insatisfait des conclusions du rapport, il peut émettre un rapport dissident. Le rapport est transmis aux membres du CCPA et est ensuite envoyé à ladministrateur en chef de linstitution. Le contenu du rapport est confidentiel mais il peut être utilisé par linstitution comme elle lentend. En cas de distribution au grand public, le CCPA doit en être averti auparavant. En réponse au rapport du CCPA, linstitution doit lui soumettre, dans les six mois, les moyens quelle compte utiliser pour mettre en application les recomman-dations du panel. Si le CCPA estime que cest insatisfaisant, il peut prendre toutes mesures jugées nécessaires. Par exemple, le CCPA peut porter à lattention dorganismes subventionnaires (CRM, CRSNG) la non-conformité de linstitution. Ces deux Conseils de recherches ont émis un avis en mars 1985 à leffet quils se réservent le droit, conjointement ou séparément, dappliquer des sanctions financières ou autres27. Bien que ces mesures incitatives ne sont que rarement mises en oeuvre, elles sont réelles et importantes. Le CCPA considère la réponse de tous les milieux de recherche utilisant des animaux dans leurs protocoles comme très positive puisque les institutions respectent généralement ses recommandations28. PARTIE II MISE EN CONTEXTE DE LA SITUATION CANADIENNE Afin didentifier le modèle le mieux adapté pour assurer la surveillance des comités déthique canadiens, il importe de revoir le contexte dans lequel ce mécanisme doit sinscrire. Ainsi, dans cette deuxième partie, nous examinerons létat de la situation à léchelle nationale (A) et au Québec (B), tout en soulignant certaines considérations constitutionnelles (C) dont il faudra tenir compte dans la sélection du modèle approprié. A) À LÉCHELLE NATIONALE Deux éléments à léchelle canadienne ont retenu notre attention : 1) le service consultatif de visites instauré par le CNÉRH; et 2) le rapport préliminaire du Groupe de travail des trois principaux Conseils de recherches du Canada, intitulé « Guide déthique de la recherche avec des sujets humains ». Section 1. Le Conseil national de la bioéthique en recherche chez les sujets humains En 1989, le Conseil de recherches médicales du Canada, le Collège royal des médecins et chirurgiens du Canada, ainsi que Santé Canada, ont créé le Conseil national d'éthique en recherche chez l'humain (CNÉRH). Dans le cadre de son mandat29, le CNÉRH a implanté un service consultatif de visites. Grâce au processus de visite volontaire, le groupe de travail sur lévaluation, mis sur pied par le CNÉRH, a étudié les comités déthique de la recherche affiliés aux facultés de médecine canadiennes30. Ses objectifs étaient a) daider les établissements à évaluer les forces et faiblesses de leur système dexamen éthique, b) de favoriser le dialogue et la compréhension sur lutilité et les limites des lignes directrices nationales en matière déthique pour la recherche en milieu institutionnel et c) de créer une banque nationale de données sur les pratiques adoptées par les comités au profit de la collectivité nationale des comités déthique. Cette initiative a permis dobtenir un portrait du contrôle éthique de la recherche chez les sujets humains. Section 2. Le Rapport des trois Conseils En 1994, le Conseil de recherches médicales du Canada (CRM), le Conseil de recherches en sciences humaines du Canada (CRSH) et le Conseil de recherches en sciences naturelles et en génie du Canada (CRSNG) ont constitué un groupe de travail pour élaborer de nouvelles politiques conjointes sur la recherche avec des sujets humains. Le Groupe de travail a produit un rapport préliminaire en mars 199631 et son rapport final en mai 1997. À sa lecture, on constate que ses auteurs nont pas énoncé de règle visant spécifiquement la mise en place dun mécanisme de surveillance du contrôle éthique. Ils traitent plutôt du mécanisme interne de contestation de la décision du comité déthique32. Par conséquent, ce rapport préliminaire ne nous éclaire pas sur lopinion des trois Conseils en ce qui a trait à la surveillance extérieure des comités déthique. B) LA SITUATION PARTICULIÈRE DU QUÉBEC Nous avons identifié deux sources qui nous renseignent sur la situation de léthique de la recherche au Québec :
Section 1. Le Code civil du Québec Lentrée en vigueur du Code civil du Québec (C.c.Q.) en janvier 1994 a entraîné des changements importants dans le domaine de la recherche au Québec. Entre autres, larticle 21 C.c.Q. est venu poser des règles strictes dans le cas de lexpérimentation impliquant des sujets humains issus de populations vulnérables : les mineurs, et les majeurs inaptes. À cette occasion, le législateur a reconnu, pour la première fois en droit civil québécois, lexistence des comités déthique. Dorénavant, avant de procéder à une expérimentation visant un groupe de personnes mineures ou majeures inaptes, le chercheur doit obtenir lapprobation du ministre de la Santé et des Services sociaux33. À cette fin, le chercheur aura soumis son projet de recherche à un comité déthique, lequel transmettra son avis sur le projet de recherche au ministre de la Santé et des Services sociaux. Ce nest que sur réception dun avis favorable du comité déthique que le Ministre donnera son approbation. Larticle 21 C.c.Q. prévoit que le comité déthique habilité à donner un avis au Ministre est « un comité déthique du centre hospitalier désigné par le ministre ou [...] un comité déthique créé par lui à cette fin ». Il faut donc que le comité déthique ait fait lobjet dune reconnaissance officielle par le ministre de la Santé et des Services sociaux. Par la suite, le Ministre nexerce pas de surveillance quant au processus de prise de décision du comité déthique. Par contre, lorsque le Ministre approuve lavis du comité, il entérine la décision de celui-ci : le Ministre effectue donc un contrôle sur la décision même du comité déthique. Le mécanisme prévu à larticle 21 C.c.Q. sapplique autant aux protocoles parrainés par des organismes subventionnaires quà la recherche financée par lindustrie privée. Toutefois, il ne vise que lexpérimentation chez les sujets humains mineurs ou majeurs inaptes. Par conséquent, les comités déthique saisis de protocoles de recherche visant uniquement des sujets humains aptes ne font pas lobjet dun contrôle de leur décision par le Ministre. Il faut donc constater labsence de mécanisme formel et universel de surveillance du processus décisionnel des comités déthique au niveau provincial au Québec. Le Comité dexperts sur lévaluation des mécanismes de contrôle en matière de recherche clinique, présidé par Me Pierre Deschamps, sest dailleurs intéressé à cette question et en fait part dans son rapport final. Section 2. Le Rapport Deschamps En 1994, le ministère de la Santé et des Services sociaux du Québec annonça la création dun Comité dexperts sur lévaluation des mécanismes de contrôle en matière de recherche clinique. Dans son rapport final, le Comité recommande la création dune structure permanente34. Il pourrait sagir dun conseil dévaluation inspiré du modèle du Conseil dévaluation des nouvelles technologies35, ou encore dun comité permanent qui serait chargé de donner une accréditation à létablissement, selon un cadre réglementaire et des activités dévaluation et de suivi appropriés. Par ailleurs, le Comité écarte la possibilité de subordonner cet organisme dévaluation éthique de la recherche à un organisme de financement qui subventionne la recherche, afin déviter tout conflit dintérêts, réel ou apparent. Le Comité propose certaines caractéristiques que devrait posséder la structure provinciale permanente. Tout dabord, elle devrait être composée de personnes représentant la collectivité et le milieu scientifique (recherche, médecine, soins infirmiers, éthique, droit, finances, public). Les activités dévaluation pourraient être menées par des équipes dévaluateurs (composées par exemple de trois individus, un chercheur actif, un administrateur et un éthicien ayant une expérience pratique de la recherche clinique). Ces équipes se rendraient sur place pour mener leur évaluation qui devrait se fonder sur des critères préétablis de façon à déterminer si létablissement de santé sacquitte de ses responsabilités dévaluation et de suivi des activités de recherche. Selon le Comité, des recommandations concrètes sur linfrastructure et les modalités de fonctionnement de lévaluation éthique de létablissement devraient suivre la visite de léquipe. Un certificat de conformité ou de non conformité pourrait alors être émis. Laccréditation, octroyée pour une période de 3 à 5 ans, serait nécessaire pour que létablissement puisse poursuivre ses activités de recherche. Le rapport Deschamps vise les établissements de santé où se déroulent des activités de recherche clinique. Cependant, lindustrie privée peut procéder à de lexpérimentation en dehors des établissements de santé. Le rapport ne fait aucune allusion à cette situation et nenvisage donc pas la compétence dune telle structure dévaluation à légard du secteur privé. C) LASPECT CONSTITUTIONNEL Un organisme désirant assurer luniversalité de la surveillance du contrôle éthique de la recherche chez les sujets humains au Canada doit être habilité par une autorité compétente. Or, les articles 91 et 92 de la Loi constitutionnelle de 186736 prévoient le partage des compétences entre le Parlement fédéral et les législatures provinciales. Comme lapplication des principes déthique biomédicale à la recherche chez les sujets humains sapparente au domaine de la santé publique, la question du partage des compétences sera examinée en se référant à ce champ dactivités. En vertu du paragraphe 92(7) de la Loi constitutionnelle de 1867, les provinces se sont vues attribuées la compétence exclusive en matière de services de soins de santé (établissement, entretien et administration des hôpitaux, asiles, institutions et hospices de charité). De plus, on a historiquement considéré la compétence générale en matière de santé comme étant de nature purement locale ou privée, ce qui est attribué aux provinces selon le paragraphe 92(16). Le Parlement fédéral ne se voit pas pour autant privé de tout pouvoir de légiférer en matière de santé publique. Par exemple, il détient le pouvoir général dadopter des lois en matière de paix, ordre et bon gouvernement. Ce pouvoir lui est attribué de façon résiduaire, cest-à-dire dans la mesure où la matière concernée ne tombe pas dans un sujet de compétence exclusivement provinciale37. En vertu de la théorie des dimensions nationales38, le fédéral peut légiférer sur une question quil juge denvergure nationale et qui répond aux critères établis par la Cour suprême39 : unicité, particularité et indivisibilité qui distingue clairement cette question des matières dintérêt provincial. De plus, leffet sur la compétence provinciale doit être compatible avec le partage des pouvoirs législatifs effectués par la Constitution. Par ailleurs, le Parlement fédéral pourrait fonder son intervention sur certaines compétences qui lui sont attribuées de façon exclusive par larticle 91 de la Loi constitutionnelle de 1867. Ainsi, le fédéral pourrait avoir recours à sa compétence en matière de droit criminel40 comme il la déjà fait pour contrôler le domaine pharmaceutique et adopter la Loi sur les aliments et drogues41 et la Loi sur les stupéfiants42, par exemple. En outre, le pouvoir du Parlement de verser certaines sommes aux individus, organismes et gouvernements à des fins au sujet desquelles il na pas nécessairement le pouvoir de légiférer43 a permis au fédéral de mettre en place des programmes relevant de compétences provinciales, tel le programme de lassurance-hospitalisation. Règle générale, les comités déthique de la recherche chez les sujets humains ont été mis en place par des établissements de nature publique et privée à léchelle provinciale. Bien que plusieurs aient suivi en cela les lignes directrices dorganismes canadiens tel le Conseil de recherches médicales du Canada, les comités déthique relèvent habituellement détablissements provinciaux. La surveillance de lexercice de leurs fonctions par un organisme canadien soulève donc une question de compétence importante. En effet, les mesures de correction qui pourraient être apportées par un mécanisme de surveillance doivent sappuyer sur un pouvoir légitime. La question se fera plus ou moins pressante selon le type dintervention que lorganisme responsable sera appelé à effectuer : allant dun rôle de consultation et de recommandation à un rôle plus coercitif de contrôle. Il est donc opportun de présenter différents modèles théoriques de surveillance du contrôle éthique de la recherche chez les sujets humains. PARTIE III DIFFÉRENTES ALTERNATIVES DINTERVENTION Force est de constater, à la suite de cette étude de certains mécanismes étrangers et canadiens de surveillance du contrôle éthique, que divers modèles sont possibles : visites informelles (A), visites menées dans un cadre formel (B), accréditation ou agrément (C), ou encore enquête avec sanctions (D). Certains aspects de ces quatre modèles sont pourtant similaires. Par exemple, peu importe lorganisme de surveillance, ce dernier doit déterminer les critères sur lesquels il fondera son analyse. Ces critères doivent être généralement constants dune visite à lautre, bien que des ajustements puissent être nécessaires selon le contexte propre à chacune des institutions visées et de leur(s) comité(s) déthique. Critères danalyse : Voici une liste de critères qui pourraient être employés par lorganisme de surveillance44 :
Il est de lessence même des quatre modèles deffectuer une visite de létablissement où se déroule lexamen éthique des projets de recherche chez lhumain. À ce propos, il existe des similitudes concernant la composition du comité visiteur, les informations préalables à la visite et enfin, le déroulement de la visite. Composition du comité visiteur : La visite de létablissement devra être effectuée par un comité visiteur composé, dune part, de personnes ayant une expérience en recherche dans les domaines des projets de recherche soumis au comité déthique visité, et dautre part, de spécialistes en éthique. Les membres dun comité visiteur doivent éviter tout conflit dintérêt face à linstitution visitée. Information préalable : Lenvoi dun questionnaire auquel doit répondre le comité déthique préalablement à la visite constitue une première source dinformation précieuse pour lorganisme de surveillance. Celui-ci peut ainsi déterminer quels seront les aspects du contrôle éthique institutionnel qui devront être examinés de façon plus détaillée lors des visites. Visite : La visite comporte une rencontre avec les membres du comité déthique et les responsables de ladministration de linstitution pouvant fournir linformation pertinente au comité visiteur. Ce dernier peut consulter les procès-verbaux des réunions, les dossiers de recherche que conserve le comité déthique et les autres documents servant à lexamen éthique, ainsi que tout document prévoyant la structure du système dexamen éthique au sein de linstitution. Il peut procéder à la visite des lieux où seffectue la recherche, et sentretenir avec des chercheurs et les autres membres des équipes de recherche. Enfin, le comité visiteur peut demander que lui soit ultérieurement transmise toute information supplémentaire quil juge nécessaire à son analyse. Par ailleurs, certaines modalités dapplication des divers modèles les distinguent; nous les présenterons de façon à mieux visualiser ce quimplique leur mise en oeuvre. A) VISITES INFORMELLES 45Un mécanisme de visites informelles des comités déthique de la recherche permet dune part, de souligner les forces et faiblesses du système dexamen propre à chaque comité déthique ayant accepté linvitation et dautre part, de lui suggérer des mesures de bonification et de correction à adopter. Le fonctionnement dun tel mécanisme de surveillance repose sur lenvoi dun questionnaire, suivi dune visite sur les lieux, et finalement de lémission dun rapport de visite. Fréquence des visites : Il ny a pas dexigence quant au nombre ou à la fréquence de ces visites. Lévaluation peut être entreprise de linitiative de lorganisme de surveillance ou à la demande du comité déthique ou de linstitution dans laquelle il exerce ses fonctions.Rapport subséquent : Un rapport de visite est subséquemment rédigé et remis au comité déthique concerné, à linstitution de laquelle il relève ainsi quaux membres de lorganisme de surveillance. Ce rapport souligne les forces et les faiblesses rencontrées lors de lanalyse du système de contrôle éthique institutionnel et présente les recommandations du comité visiteur.Par ailleurs, lorganisme de surveillance devrait produire un rapport annuel de ses activités incluant la liste des institutions visitées de même que la composition des différents comités visiteurs. En plus, il devrait brosser périodiquement un tableau du contrôle éthique au Canada. B) VISITES DANS UN CADRE FORMEL 46Un autre mécanisme de surveillance des comités déthique de la recherche chez les sujets humains pourrait se présenter sous la forme dun programme dévaluation prévoyant des visites obligatoires. Fréquence des visites : La fréquence de ces visites obligatoires est prédéterminée, par exemple tous les deux ou trois ans. Par ailleurs, des visites spéciales seraient toujours possibles, soit à la demande du comité déthique ou de linstitution de laquelle il relève, soit de linitiative de lorganisme chargé de la surveillance du contrôle éthique de la recherche.Visite : À la fin de la visite, le groupe dévaluation donne un aperçu général de ses observations insistant sur les recommandations les plus importantes (dont le détail sera donné dans un rapport de visite subséquent) aux membres du comité déthique et aux administrateurs de linstitution. Si des points nécessitant une attention particulière et immédiate sont relevés, il en fait part aussitôt au comité et aux autorités de létablissement. Il peut exiger que des mesures soient prises immédiatement pour pallier à la situation.Rapport subséquent : Le groupe dévaluation peut demander que lui soit transmise toute information quil juge nécessaire à son analyse et à la rédaction de son rapport dévaluation. Ce rapport présentera les conclusions quant au respect des différents critères dévaluation par linstitution visée et les recommandations du groupe dévaluation. Celui-ci dégagera les mesures qui devront être prises par linstitution afin quelle se conforme aux recommandations émises. Le rapport sera transmis dans les meilleurs délais aux membres de lorganisme dévaluation, à ladministration de linstitution, ainsi quau comité déthique. Le contenu du rapport de visite pourrait être considéré confidentiel. Cependant, si linstitution désire le rendre public, lorganisme dévaluation pourrait prévoir des conditions à cet effet.En général, lorganisme dévaluation accorde aux institutions un court délai (par exemple, quelques semaines) pour corriger des lacunes jugées sérieuses. Dans les six mois suivant la réception du rapport de visite, linstitution doit soumettre à lorganisme dévaluation son propre rapport décrivant les moyens utilisés pour se conformer aux recommandations urgentes et les mesures quelle compte prendre afin de mettre en application les autres recommandation émises. Si lorganisme dévaluation juge cette réponse insuffisante, il détermine en quoi linstitution ne se conforme pas aux critères déterminés pour rencontrer les exigences dun contrôle éthique adéquat. Lorganisme dévaluation peut alors porter à lattention de linstance de laquelle il relève, létat de non-conformité de linstitution. Sil agissait dorganismes subventionnaires, pour que ce mécanisme de surveillance soit réellement efficace, il faudrait quils exercent des contraintes économiques sur linstitution visée. Un autre moyen de faire respecter les recommandations de lorganisme dévaluation serait de prévoir des sanctions de nature administrative contre toute institution ne se conformant pas aux exigences du contrôle éthique de lexpérimentation chez lêtre humain au Canada. C) ACCRÉDITATION OU AGRÉMENT Nous définissons un programme daccréditation comme étant une procédure dévaluation selon laquelle un comité déthique ou une institution se voit décerner ou non une attestation à leffet quil répond à des critères préétablis relatifs au contrôle éthique de la recherche chez les êtres humains. Les conséquences du statut (accrédité ou non) dun comité déthique ou dune institution doivent être prédéterminées. Cette procédure doit se dérouler en toute transparence. Fréquence des visites : Laccréditation est valide pour une période identique dune institution à lautre (par exemple, trois ans). Une visite dévaluation par un comité daccréditation doit donc avoir lieu durant la dernière année de validité.Rapport subséquent : Après la visite, le comité daccréditation se réunit afin de préparer un rapport comportant ses observations, conclusions et recommandations. Ce rapport est soumis à un comité de révision formé de membres de lorganisme de surveillance. Le responsable du comité daccréditation concerné répondra aux questions soulevées par le comité de révision. Le comité de révision accepte, amende ou rejette le rapport. Dans les deux premiers cas, le rapport est transmis aux membres de lorganisme de surveillance. Si lorganisme de surveillance lapprouve, un avis sera envoyé à linstitution. Dans léventualité du rejet du rapport, un nouveau comité daccréditation sera formé.Les comités déthique ou institutions ayant été accrédités peuvent continuer leurs opérations. Ceux qui nont pas obtenu leur accréditation ont un droit dappel de la décision de lorganisme de surveillance pendant 30 jours. La décision de linstance dappel doit être rendue dans un délai déterminé (par exemple, 60 jours). Lorsque le délai dappel est expiré ou quune décision négative est confirmée par linstance dappel, linstitution na plus le droit davoir recours à des sujets dexpérimentation humains jusquà ce quelle prouve quelle sest conformée aux recommandations du comité daccréditation. Les institutions ou comités déthique non accrédités peuvent recevoir à nouveau la visite du comité daccréditation lorsquils transmettent un document dinformation qui démontre que des modifications ont été apportées depuis la dernière visite. Il y a lieu de sinterroger sur lopportunité de prévoir une mesure daccréditation partielle. En effet, dans le cas où une institution compte plusieurs comités déthique, la non-conformité de lun dentre eux entraînerait-elle la non-accréditation entière ou partielle de linstitution? Il faut donc déterminer la plus petite unité qui fera lobjet de laccréditation, linstitution ou chacun des comités déthique. Dans cette dernière éventualité, les comités déthique accrédités au sein de linstitution pourraient continuer leurs activités. Cependant, une fois cet aspect déterminé, linstitution ou le comité déthique faisant lobjet dune accréditation doit se conformer à tous les critères relatifs au contrôle éthique puisque la recherche chez les sujets humains ne se prête pas à un respect partiel de ces critères. Les critères daccréditation ne devraient pas avoir un caractère optionnel. D) POUVOIR DENQUETE 47Ce mécanisme dévaluation du contrôle éthique nécessite une intervention législative qui pose les pouvoirs et les structures denquête. Ainsi, les visites dinspection sont obligatoires. Le programme dévaluation prévoit la reconnaissance de conformité aux critères de contrôle éthique, attribuée aux institutions menant des recherches chez les sujets humains et à leur(s) comité(s) déthique. Ce programme voit à lapplication des conséquences de lirrespect par linstitution ou par un comité déthique. Fréquence des visites : Elle est déterminée et est la même pour toute institution, par exemple, tous les deux ou trois ans. Des visites spéciales demeurent toujours possibles à la demande de linstitution ou du comité déthique, ou de linitiative de lorganisme chargé de la surveillance du contrôle éthique de la recherche.Composition des groupes denquête : Même si les autorités américaines ont opté pour un mécanisme utilisant un seul inspecteur, la présence de plusieurs personnes lors de lenquête peut permettre une meilleure évaluation de la situation. Dans ce cas, les groupes denquête devraient être composés, en plus dun membre de lorganisme de surveillance, de scientifiques et dexperts en matière déthique dont le nom figure sur une liste approuvée par le ministère responsable. On veillera à ce que les membres scientifiques soient choisis en fonction du domaine de recherche de linstitution faisant lobjet de la visite.Visite : À la fin de la visite, le groupe denquête remet à un représentant du comité et à un représentant de ladministration de linstitution un résumé de ses observations.Rapport subséquent : Lorganisme de surveillance envoie, suite au rapport du groupe denquête, un document décrivant en détail en quoi le comité déthique ou linstitution enfreint les critères de contrôle éthique. Il exige que le comité déthique ou linstitution lui transmette dans un délai donné (quelques semaines, par exemple) les mesures correctrices qui seront prises. Lorganisme de surveillance peut prévoir une seconde visite dinspection dont il avise le comité déthique et linstitution. Cette visite a pour but de vérifier que les corrections nécessaires ont été apportées et que les critères de contrôle éthique sont respectés.En attendant que la situation soit corrigée, lorganisme de surveillance peut prendre différentes mesures de sanction. Ainsi, lorsque lirrespect des critères par le comité déthique ou linstitution visée représente un danger significatif pour les sujets humains, il peut avertir les organismes fédéraux et provinciaux intéressés par la nature de cet irrespect; il peut demander aux organismes subventionnaires quils naccordent aucun financement pour tout protocole de recherche provenant de linstitution visée ou relevant de la compétence du comité déthique; il peut demander aux organismes subventionnaires de naccepter aucune modification aux protocoles de recherche en cours sils proviennent de linstitution visée ou sils relèvent du comité déthique. Dans léventualité où le comité déthique ou linstitution visée ne prenne pas les mesures correctrices nécessaires, cette situation doit être portée à lattention dune Commission denquête indépendante. Si cette Commission constate que cette situation pourrait entraîner le retrait éventuel de la reconnais-sance de conformité de ces entités, une audition doit être tenue. Au dénouement de cette audition, la Commission denquête peut conclure que le comité ou linstitution a refusé de se conformer aux critères de contrôle éthique ou quil les a enfreints de façon répétée et ce, en mettant en danger les sujets dexpérimentation. Dans ce cas, le comité ou linstitution peut perdre la reconnaissance de conformité aux critères de contrôle éthique accordée par lorganisme de surveillance. La Commission rend alors une décision motivée et établira la marche à suivre à légard des protocoles de recherche en cours. La Commission denquête envoie un avis de perte de conformité au comité déthique et à linstitution, ainsi quà dautres parties intéressées tels les organismes subventionnaires et les chercheurs. Une diffusion publique pourrait être envisagée. La perte de conformité nempêche pas que dautres recours (de nature judiciaire ou administrative) soient institués. De plus, les organismes subventionnaires ne devraient pas accepter un protocole de recherche impliquant une institution ayant reçu un avis de perte de conformité. Les institutions ou comités déthique ayant fait lobjet dun tel avis peuvent demander que leur soit à nouveau attribué un avis de conformité par lorganisme de surveillance. Ils doivent prouver devant la commission denquête quils ont pris les mesures de correction nécessaires afin de respecter les critères relatifs au contrôle éthique. CRITIQUE DES DIFFÉRENTES ALTERNATIVES Lexposé de ces différents modèles nous permet de constater la multiplicité des solutions qui se présentent pour assurer la surveillance du contrôle éthique de la recherche au Canada. Toutefois, on peut dégager certains avantages ou inconvénients, forces ou faiblesses, propres à chacun de ces modèles. Le modèle se limitant aux visites informelles favorise léducation et la formation des membres des comités déthique; de plus, il incite à recourir à lexpertise de lorganisme de surveillance lorsque des situations complexes sont rencontrées par le comité déthique de la recherche. Toutefois, le caractère volontaire du programme de visites informelles fragilise luniversalité de son application puisque les institutions et les comités déthique nont pas à sy soumettre. Par contre, si lorganisme de surveillance est créé par des organismes subventionnaires, les institutions seraient mal avisées de refuser ce processus de visite si elles bénéficient de ces programmes subventionnaires. Ce modèle correspond à la situation actuelle du CNÉRH. Le modèle qui comporte des visites menées dans un cadre formel assure un suivi plus constant des mécanismes de contrôle éthique, tout en maintenant un climat propice aux échanges. Le problème de luniversalité demeure. Il est donc essentiel que toutes les institutions ayant recours à la recherche chez les sujets humains soient interpellées par ce mécanisme et non uniquement celles qui sollicitent un financement des organismes subventionnaires. Le prestige de lorganisme de surveillance ne suffit pas nécessairement. Le CCPA a opté pour ce mécanisme de contrôle. Les organismes subventionnaires se sont engagés à ne pas financer les projets de recherche provenant dinstitutions ne respectant pas les exigences posées par le CCPA pour assurer la protection des animaux. La sanction du non-respect ne relève pas de lorganisme de surveillance et nimplique que les institutions recevant un financement provenant des organismes subventionnaires. Malgré tout, le CCPA affirme que les « programmes du CCPA ont été bien reçus, et jouissent du même appui et de la même coopération de la part de toutes les institutions qui y sont impliquées, y compris des sociétés du secteur privé ainsi que des ministères du gouverne-ment fédéral qui ne reçoivent pas de subventions48. » (traduction libre) Le modèle prévoyant laccréditation ou lagrément des institutions offre un mécanisme de contrôle rigoureux et explicite. Lobtention dune reconnaissance de conformité est probablement un mécanisme plus acceptable pour les institutions quun système coercitif de surveillance associé au processus denquête. Toutefois, tant lobligation de se soumettre au mécanisme dévaluation que les répercussions du non-respect des règles posées sont fonction de linstance qui instaure laccréditation ou lagrément. Par conséquent, les répercussions dun statut de non-conformité demeurent incertaines compte tenu du droit canadien. Le dernier modèle présenté, celui de la surveillance sous forme denquête, comporte un aspect contraignant certain étant donné quil est décrit dans un texte législatif. Il peut viser à la fois les secteurs privé, public et para-public. Par contre, il implique la mise en place dune structure administrative complexe et un formalisme exigeant. En vertu du mécanisme de surveillance administratif américain49, lenquêteur du FDA doit relever toute irrégularité du mécanisme institutionnel de contrôle éthique à légard de critères déterminés par une réglementation stricte et précise50. Toutefois, limplantation dun tel programme à léchelle canadienne exigerait des modifications importantes à lencadrement du contrôle éthique de la recherche chez les sujets humains. En effet, les conditions de lexamen éthique des protocoles au Canada sont actuellement prévues, entre autres, dans les Lignes directrices du Conseil de recherches médicales et dans la directive de la Direction des médicaments de Santé Canada51. Ces directives nont pas le caractère obligatoire dune loi ou dun règlement52. De plus, les critères canadiens portant sur le contrôle éthique de lexpérimentation chez lêtre humain ne sont pas suffisamment précis pour permettre une évaluation objective lors dune éventuelle enquête. Létat actuel des normes dexamen éthique au Canada ne se prête donc pas à la mise sur pied dun organisme pouvant sanctionner leur non-respect de façon aussi sévère quaux États-Unis. Il ressort de la présente étude que la surveillance du contrôle éthique de lexpérimentation effectuée en milieu universitaire ou dans des établissements hospitaliers, ou encore dans le cas de protocoles de recherche financés par des organismes subventionnaires, est plus facilement réalisable. Il faudra compter sur la bonne foi et la coopération de lindustrie privée pour voir appliquer des règles de surveillance aux comités déthique de tous les établissements de recherche au Canada, si celles-ci ne sont pas intégrées dans un texte législatif. Pour assurer lobjectif ultime de la mise en place dun mécanisme de surveillance du contrôle éthique de la recherche chez les sujets humains, il importe dune part, de considérer la complexité et la souplesse de la structure. Dautre part, lefficience du modèle adopté exige didentifier clairement les comités déthique contraignables et les répercussions de lévaluation dont ils peuvent faire lobjet. ANNEXE I Tableau analytique des forces et faiblesses des modèles présentés
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| TABLES TABLE DE LA LÉGISLATION États-Unis:
France:
Canada:
TABLE DE LA JURISPRUDENCE
BIBLIOGRAPHIE BRUN, H. et G. TREMBLAY, Droit constitutionnel, 2e éd., Cowansville, Les éd. Yvon Blais, 1990. CONSEIL CANADIEN DE PROTECTION DES ANIMAUX, « Manuel sur le soin et lutilisation des animaux dexpérimentation », Vol. 1, 2e éd., Ottawa, 1993, 232 pp. COMITÉ DEXPERTS SUR LÉVALUATION DES MÉCANISMES DE CONTRÔLE EN MATIÈRE DE RECHERCHE CLINIQUE, Rapport sur lévaluation des mécanismes de contrôle en matière de recherche clinique au Québec, présenté au Ministre de la Santé et des Services sociaux du Québec, 1995. CONSEIL DE RECHERCHES MÉDICALES DU CANADA, Lignes directrices concernant la recherche sur des sujets humains 1987, Ottawa, 67 pp. CONSEIL DE RECHERCHES MÉDICALES DU CANADA, CONSEIL DE RECHERCHES EN SCIENCES HUMAINES DU CANADA, ET CONSEIL DE RECHERCHES EN SCIENCES NATURELLES ET EN GÉNIE DU CANADA, « Guide déthique de la recherche avec des sujets humains, Rapport préliminaire préparé par le Groupe de travail des trois Conseils », mars 1996. CONSEIL NATIONAL DE LA BIOÉTHIQUE EN RECHERCHE CHEZ LES SUJETS HUMAINS, « Protéger et promouvoir le sujet de recherche humain : un examen de la fonction des comités déthique pour la recherche dans les facultés de médecine au Canada », Communiqué CNBRH 1995; vol. 6 no 1, p. 3. CONSEIL NATIONAL DE LA BIOÉTHIQUE EN RECHERCHE CHEZ LES SUJETS HUMAINS, Brochure du CNBRH, 3e éd., 1996, 6 pp. CONSEIL NATIONAL DE LA BIOÉTHIQUE EN RECHERCHE CHEZ LES SUJETS HUMAINS, « Nouvelles du Conseil », Communiqué CNBRH 1995; vol. 6 n° 2, p. 1. ROYAL COLLEGE OF PHYSICIANS OF LONDON, Guidelines on the practice of ethics committees in medical research involving human subjects, Londres, 1990. SANTÉ ET BIEN-ÊTRE SOCIAL CANADA, Directive de la Direction des médicaments - Recherche clinique, Ottawa, 1992.
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| REFERENCES | ||||||||||||||||
| CONSEIL DE RECHERCHES MÉDICALES DU CANADA, La déontologie de lexpérimentation chez lhumain, Ottawa, Approvisionnement et Services Canada, 1978, 46 pp.; CONSEIL DE RECHERCHES MÉDICALES DU CANADA, Lignes directrices concernant la recherche sur des sujets humains 1987, Ottawa, Approvisionnement et Services Canada, 1987, 67 pp. | ||||||||||||||||
| CONSEIL NATIONAL DE LA BIOÉTHIQUE EN RECHERCHE CHEZ LES SUJETS HUMAINS, « Protéger et promouvoir le sujet de recherche humain: un examen de la fonction des comités déthique pour la recherche dans les facultés de médecine au Canada », Communiqué CNBRH 1995; vol. 6 n° 1, p.3. | ||||||||||||||||
| Id. | ||||||||||||||||
| Par exemple, au Royaume-Uni Le comité déthique doit faire rapport de ses activités à linstitution qui la mis en place. ROYAL COLLEGE OF PHYSICIANS OF LONDON, « Guidelines on the practice of ethics committees in medical research involving human subjects » (Lignes directrices sur les pratiques des comités déthique dans les recherches médicales impliquant les sujets humains), 1990, art. 7.12: «Ethics Committees should make a regular report, at least annually, to the authorities that set them up. In addition to a list of members, number of meetings and any other obviously relevant matter, it should include a list of the titles of projects approved (whether in their original form or after modification). The report should be available for inspection by the public.» [Traduction libre: Les Comités déthique devraient faire rapport, au moins une fois lan, aux autorités qui les ont établis. Ce rapport devrait inclure la liste des membres, le nombre de réunions, les titres des projets approuvés (soit dans leur état original ou après révisions) et tous renseignements pertinents.] | ||||||||||||||||
| Par exemple aux États-Unis, où lon a institué un mécanisme de contrôle de nature coercitive. | ||||||||||||||||
| En France, par exemple, où un système dagrément est prévu. | ||||||||||||||||
| Subpart A «General Provisions» (Provisions générales), §56.101. La définition donnée aux comités déthique est très large puisquelle englobe «any board, committee, or other group formally designated by an institution [i.e. a public or private entity or agency including Federal, State and other agencies] to review, to approve the initiation of, and to conduct periodic review of, biomedical research involving human subjects.» [Traduction libre : « tout conseil, comité, ou autre groupe (c-à-d une entité ou agence publique ou privée, y compris les agences fédérales, détat, ou autres) désigné formellement par un établissement aux fins dexaminer ou dapprouver létablissement de recherche biomédicale auprès de sujets humains. »] | ||||||||||||||||
| 21 CFR 56, Subpart A à D Subpart A «General Provisions» (Provisions générales), §56.101. | ||||||||||||||||
| Subpart B. | ||||||||||||||||
| Subpart C. | ||||||||||||||||
| Subpart D. | ||||||||||||||||
| Le FDA dirigera ses sanctions contre linstitution tenue responsable des activités du comité déthique ou encore, selon les conclusions de lenquête, vers le comité-même ou vers une section de linstitution chargée de désigner le comité. | ||||||||||||||||
| Subpart E, §56.121 (c). Cet article se lit comme suit : «If the Commissioner determines that disqualification is appropriate, the Commissioner will issue an order that explains the basis for the determination and that prescribes any actions to be taken with regard to ongoing clinical research conducted under the review of the IRB. The Food and Drug Administration will send notice of the disqualification to the IRB and the parent institution. Other parties with a direct interest, such as sponsors and clinical investigators, may also be sent a notice of the disqualification. In addition, the agency may elect to publish a notice of its action in the FEDERAL REGISTER.» [Traduction libre : « Si le Commissaire établit que la situation justifie une disqualification, il émettra une directive expliquant les motifs de sa décision et indiquant les démarches à suivre en regard de la recherche clinique en cours ayant reçu lapprobation du IRB. La Food and Drug Administration fera parvenir un avis de disqualification au IRB de même quà létablissement pour lequel il agit. Dautres partenaires qui ont un intérêt direct dans la recherche, tels les commanditaires et les chercheurs cliniciens, peuvent également recevoir un avis les informant de cette disqualification. En outre, lagence peut choisir de publier dans le FEDERAL REGISTER un avis informant de sa décision. »] | ||||||||||||||||
| Subpart E, §56.122. | ||||||||||||||||
| Subpart E, §56.124. | ||||||||||||||||
| Subpart E, §56.123. | ||||||||||||||||
| Loi n° 88-1138 du 20 décembre 1988 (JO. 22 décembre, p. 16032), modifiée ultérieurement par la Loi n° 90-86 du 23 janvier 1990 (J.O. 25 janvier 1990) et dont la mise en vigueur avait été reportée au 31 décembre 1990 selon la Loi n° 90-549 du 2 juillet 1990 (J.O. 5 juillet 1990), intégrée au Code de la santé publique le Livre II bis intitulé « Protection des personnes qui se prêtent à des recherches biomédicales », art. 209-1 à 209-21. | ||||||||||||||||
18. |
Art. L. 209-11. | |||||||||||||||
| Art. L. 209-12. | ||||||||||||||||
| Art. L. 209-12, alinéa 3, qui énumère les éléments à considérer : « la protection des participants, leur information et les modalités de recueil de leur consentement, les indemnités éventuellement dues, la pertinence générale du projet et ladéquation entre les objectifs poursuivis et les moyens mis en oeuvre ainsi que la qualification du ou des investigateurs ». | ||||||||||||||||
| Code de la santé publique, IIe Partie, R.2001 à 2020. | ||||||||||||||||
| Art. R.2020 qui stipule : « avant le 31 mars de chaque année, chaque comité adresse au ministre chargé de la santé et au préfet de région un rapport dactivité et une copie de son compte financier relatifs à lannée civile précédente ». | ||||||||||||||||
| Art. L. 209-11 in fine qui se lit comme suit : « le ministre chargé de la santé peut retirer lagrément dun comité si les conditions dindépendance, de composition ou de fonctionnement nécessaires pour assurer sa mission dans les meilleures conditions ne sont plus satisfaites ». | ||||||||||||||||
| Décret n° 83-132 du 23 février 1983 portant création dun Comité consultatif national déthique pour les sciences de la vie et de la santé (J.O. 25 février). | ||||||||||||||||
| Le Conseil canadien de protection des animaux (CCPA) a été créé en 1968 suite à un rapport déposé par un comité chargé denquêter sur la situation des animaux de laboratoire au Canada. En 1982, le CCPA sest incorporé à titre de société privée sans but lucratif. LÉTOURNEAU, Lyne, Lexpérimentation animale : lhomme, léthique et la loi, Les Éditions Thémis, Montréal, 1994, p. 138. | ||||||||||||||||
| CONSEIL CANADIEN DE PROTECTION DES ANIMAUX (CCPA), « Manuel sur le soin et lutilisation des animaux dexpérimentation », vol. 1, 2e éd., 1993, p.1. | ||||||||||||||||
| Id., p. 3, on peut lire : « ...dinformer de leurs préoccupations les autorités compétentes de létablissement de recherche en cause et dappliquer, sils le jugent nécessaire, les sanctions financières ou autres qui relèvent de la compétence de lun ou lautre Conseil. Les sanctions en question peuvent être appliquées peu importe que la non-conformité concerne ou non la recherche financée par lun ou lautre Conseil et elles peuvent aller jusquau blocage ou au retrait des fonds de recherche à légard de nimporte lequel ou de la totalité des programmes de recherches financés par lun ou lautre Conseil de recherches ou par les deux à la fois, dans létablissement. » | ||||||||||||||||
| Id., p. 3; LEROUX, Thérèse et Lyne LÉTOURNEAU, « Les êtres humains, et les animaux aussi: La protection des sujets dexpérimentation en recherche biomédicale au Canada », (1995) 10 (1) Revue canadienne droit et société, p. 171 - 209. | ||||||||||||||||
| CONSEIL NATIONAL DE LA BIOÉTHIQUE EN RECHERCHE CHEZ LES SUJETS HUMAINS, (Brochure du CNBRH, 2e éd., 1992, p. 3. Ce mandat a été révisé et élargi en 1995 dans CONSEIL NATIONAL DE LA BIOÉTHIQUE EN RECHERCHE CHEZ LES SUJETS HUMAINS, « Nouvelles du Conseil », Communiqué CNBRH 1995; vol. 6 n° 2, p. 1. | ||||||||||||||||
| CONSEIL NATIONAL DE LA BIOÉTHIQUE EN RECHERCHE CHEZ LES SUJETS HUMAINS, « Protéger et promouvoir le sujet de recherche humain: un examen de la fonction des comités déthique pour la recherche dans les facultés de médecine au Canada », Communiqué CNBRH 1995; vol. 6 n° 1, p. 3. | ||||||||||||||||
| CONSEIL DE RECHERCHES MÉDICALES DU CANADA, CONSEIL DE RECHERCHES EN SCIENCES HUMAINES DU CANADA, ET CONSEIL DE RECHERCHES EN SCIENCES NATURELLES ET EN GÉNIE DU CANADA, « Guide déthique de la recherche avec des sujets humains, Rapport préliminaire préparé par le Groupe de travail des trois Conseils », mars 1996. | ||||||||||||||||
| Id., pp. 3-7 où lon peut lire « tout établissement qui soppose à une décision prise par lun de ses CÉR [comités déthique de la recherche] peut faire appel auprès dun comité dappel affilié à létablissement. Ce comité doit disposer dune expertise scientifique au moins équivalente aux exigences minimales fixées par ce Guide à propos de la composition des CÉR. Létablissement ne peut renverser la décision du CÉR de rejeter un protocole ». | ||||||||||||||||
| Art. 21 al. 3 C.c.Q. Dautres conditions légales sajoutent à ce contrôle éthique, dont labsence de risques sérieux pour la santé du sujet dexpérimentation (c.f. art. 21 al. 1, et arts. 24 et 25 C.c.Q.). | ||||||||||||||||
| COMITÉ DEXPERTS SUR LÉVALUATION DES MÉCANISMES DE CONTRÔLE EN MATIÈRE DE RECHERCHE CLINIQUE, Rapport sur lévaluation des mécanismes de contrôle en matière de recherche clinique au Québec, présenté au Ministre de la Santé et des Services sociaux du Québec, 1995, p. 140 où lon peut lire : « il importe que le ministère de la Santé et des Services sociaux voit à la création dune structure permanente québecoise dont la principale fonction serait dévaluer régulièrement la façon dont les établissements de santé où se déroulent des activités de recherche sacquittent de leurs fonctions en relation avec lévaluation de ces activités. De lavis des membres du Comité, la création dune structure permanente constitue un complément essentiel au bon fonctionnement des mécanismes locaux dévaluation des activités de recherche clinique. » | ||||||||||||||||
| Son mandat et son fonctionnement sont présentés dans CONSEIL DÉVALUATION DES TECHNOLOGIES DE LA SANTÉ, Rapport dactivités 1er avril 1993 au 31 mars 1994, p. 1. | ||||||||||||||||
| 30 & 31 Victoria, ch. 3 (R.-U.). | ||||||||||||||||
| Loi constitutionnelle de 1867, paragraphe introductif de larticle 91. | ||||||||||||||||
| BRUN, Henri et Guy TREMBLAY, Droit constitutionnel, 2e éd., Cowansville, Les éd. Yvon Blais, 1990, p. 488. | ||||||||||||||||
| R.c. Crown Zellerbach Canada Ltd., [1988] 1 R.C.S. 401. | ||||||||||||||||
| Voir à cet effet MacDonald c Canada (P.G.), [1995] 3 R.C.S. 199, 246 où le juge La Forest affirmait que le Parlement fédéral a une vaste compétence pour ce qui est de ladoption de lois en matière criminelle relativement à des questions de santé. | ||||||||||||||||
| L.R.C. (1985), c. F-27 | ||||||||||||||||
| L.R.C. (1985), c. N-1. | ||||||||||||||||
| BRUN, Henri et Guy TREMBLAY, Droit constitutionnel, 2e éd., Cowansville, Les éd. Yvon Blais, 1990, pp. 511-516. | ||||||||||||||||
| Inspirée des critères retenus lors de létude du Groupe de travail sur lévaluation du CNÉRH, CONSEIL NATIONAL DE LA BIOÉTHIQUE EN RECHERCHE CHEZ LES SUJETS HUMAINS, « Protéger et promouvoir le sujet de recherche humain : un examen de la fonction des Comités déthique pour la recherche dans les facultés de médecine au Canada », Communiqué CNBRH 1995; vol. 6 n° 1, p. 8. | ||||||||||||||||
| Ce mécanisme de visites informelles sinspire du service consultatif de visites auquel a recouru le CNÉRH pour réaliser son étude sur les comités déthique de la recherche affiliés aux facultés de médecine canadiennes. | ||||||||||||||||
| Ce modèle sinspire du programme dévaluation instauré par le Conseil canadien de protection des animaux. | ||||||||||||||||
| Modèle inspiré du mécanisme américain prévu dans 21 CFR 56, Subpart E. | ||||||||||||||||
| CONSEIL CANADIEN DE PROTECTION DES ANIMAUX, « Manuel sur le soin et lutilisation des animaux dexpérimentation », vol. 1, 2e éd., 1993, p. 2. | ||||||||||||||||
| Mécanisme prévu à 21 CFR «Food and Drugs», Part 56, Subpart E. | ||||||||||||||||
| Prévus à 21 CFR «Food and Drugs», Part 56, Subparts A à D. | ||||||||||||||||
| SANTÉ ET BIEN-ÊTRE SOCIAL CANADA, Directive de la Direction des médicaments Recherche clinique, 1992. | ||||||||||||||||
| CONSEIL DE RECHERCHES MÉDICALES DU CANADA, Lignes directrices concernant la recherche sur des sujets humains 1987, pp. 10-11. | ||||||||||||||||
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